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Le Film Noir, acte I

Quand le cinéma américain associait la créativité avec la toute puissance des studios de Hollywood, dirigés par des hommes charismatiques, des genres naissaient pour devenir incontournable dans le septième art. C'est dans les années quarante que l'on vit l'éclosion du Film Noir. Les plus grandes célébrités lui donnèrent ses lettres de noblesse dès son apparition, au Voici un court exposé du genre, et dix titres représentatifs

Bogart dans le Faucon Maltais

Humphrey Bogart dans le Faucon Maltais

Qu'est ce que le film noir

Sans vouloir donner de définition précise, on peut considérer le film noir comme un ensemble d'éléments.

Tout d'abord l'image, qui a tendance à choisir des milieux hostiles et sombres de préférence. A une époque où le genre naît, l'Amérique sort tout juste de la crise. L'univers urbain est surpeuplé, pauvre et sale. Par extension ce serait des châteaux lugubres et abandonnés, capables d'inspirer des sentiments sombres justement. La plupart des intrigues se nouent la nuit, ce qui va accentuer ce sentiment d'oppression. Le genre est presque entièrement nourri de films en noir et blanc. La où le Technicolor va faire éclater les couleurs, les opérateurs sur le genre vont énormément travailler la lumière avec un contraste souvent important entre les quelques sources de lumières et l'obscurité régnante.

Veronica Lake dans le Dalhia BleuLes intrigues écrites pour le Film Noir sont souvent associées au film policier ou au film de gangsters. Dans une certaine mesure ces deux genres ont fortement nourri le Film Noir parce que les personnages impliqués dans ces scénarios sont souvent moralement en marge, et peuvent se ranger facilement dans la catégorie des hors-la-loi, en conflit avec l'autorité. Le noir ici correspond à la noirceur d'âme de certains personnages ou la condition sombre d'autres. Cet aspect de la moral se retrouve aussi dans la plupart des scénarios avec des relations entre les hommes et les femmes soumises à de fortes émotions (séductions ou infidélités dans beaucoup de cas), qui est souligné par la présence à l'écran de la femme fatale, figure emblématique du genre.

Enfin le discours du Film Noir est celui de l'époque où il est tourné, c'est à dire loin de l'optimisme des années folles, avec l'avenir incertain que la guerre imminente peut laisser planer. Tout en contant parfois des histoires plus ou moins improbables, les films soutiennent au plus près une réalité sombre qu'ils ne veulent pas cacher.

Découvrir le genre

Entre 1948 et 1958, la production hollywoodienne du Film Noir, même au sens le plus strict possible est impressionnante, parfois plus d'une dizaine de films dans l'année. Si on élargit à des oeuvres proches, il faudrait citer plus de 150 films pour essayer de dresser un panorama fidèle.

Seul sera présenté ici ce qui a été fait principalement aux Etats Unis. L'Europe a souvent fourni des films de ce type, ayant un contexte social et historique digne du genre. Fritz Lang au delà des oeuvres expressionnistes a, avec M. Le Maudit par exemple, effectué un rapprochement vers le film noir qu'il poursuivra sur la carrière américaine. En France Henri-George Clouzot a fait un travail lui aussi qui aurait pu être approfondi ici, notamment avec Le Corbeau, Quai des orfèvres, mais aussi Les diaboliques. En fait les ouvrages de Boileau-Narcejac (écrivains et scénaristes), sont des matériels souvent parfaits pour le film noir, comme ont pu l'être ceux de Chandler ou Hammett.

Les films noirs d'Alfred Hitchcock

Alfred hitchcock Il est reconnu comme le maître du suspense, et il n'est pas pour autant étranger au genre. Dès son premier film américain, Rebecca, on a affaire à un drame psychologique extrêmement sombre (et loin de la commande passée par l'autoritaire David Selznick). Vient ensuite le paranoïaque Souçons (Suspicion) avec un Cary Grant très ambigüe et inquiétant. On pourrait encore citer L'inconnu du Nord Express (Strangers on a train), Fenêtre sur cour (Rear Window), ou Sueurs froides (Vertigo), pour ses films les plus "pervers", où le héros est manipulé en jouant sur ses pires faiblesses. Il reste sûrement de nombreuses oeuvres de sa part qui pourrait facilement trouver leur place ici.

Humphrey Bogart, le visage du Film Noir

Il est important de faire une place à part à ce ténébreux acteur qui a imposé sa présence avant tout dans le Film Noir, comme les célèbres exemples suivant le prouvent.

Le Grand Sommeil (The Big Sleep) de Howard Hawks, 1946

Le détective Phillip Marlowe est engagé par le général Sternwood pour mettre fin à un chantage dont il est victime concernant ses deux filles.

Le Grand Sommeil Il est inutile de résumer plus loin le film que son point de départ, son scénario n'est pas là pour se dérouler jusqu'à une révélation finale, mais pour promener le spectateur dans un dédale magnifiquement sombre. S'il devrait rester une seule icône du Film Noir, Le Grand Sommeil ne verrait sans doute discuter cette place par nul autre. L'adaptation du roman à tiroir de Chandler est faite par trois scénaristes, Hawks lui même, ainsi que deux écrivains renommés, Faulkner et Leigh Brackett. De cette mosaïque naîtra une histoire qui sera une excuse pour promener Bogart et Bacall dans des scènes d'une beauté sophistiquée inégalée. Incarnant à merveille le cynisme de Marlowe à l'écran, "Bogie" affronte avec un détachement désarmant une galerie de portraits corrompus navigant dans des sous entendus, imposés par le système hollywoodien qui refuse les allusions directes au sexe à cette époque, pervers.

Ce joyau de Hawks est à admirer sous toutes les facettes qu'il cache. Quand à savoir qui est coupable de quoi dans le film, ne vous posez pas la question, même le réalisateur ne savait pas y répondre.

Le Grand Sommeil

Le Grand Sommeil

Le Faucon Maltais (The Maltese Falcon) de John Huston, 1941

L'associé de Sam Spade dans une agence de détectives privés est assassiné en enquêtant la soeur de leur cliente. Spade est accusé du meurtre. Il va finalement se retrouver mêler à un trafic d'antiquité.

Le Faucon Maltais est la première réalisation de John Huston. Après des années de travail à Hollywood en tant que scénariste réputé, son passage à la direction se fait avec brio ici. La manipulation est de règle dans le film. Aucun personnage n'y échappe, ils vont tous mentir, attirer d'autres protagonistes dans des pièges, pour arriver à leurs fins. La femme fatale, séductrice et corrompue, est parfaitement représentée en la personne de Gladys George. On notera de même le remarquable Peter Lorre (immortalisé dans M. Le Maudit de Fritz Lang), qui poursuit une belle carrière américaine avec de superbes seconds rôle.

Il faut souligner que la plus grande réalisation de Huston dans le domaine resterait Quand la ville dort (The Asphalt Jungle, 1950), avec Sterling Hayden, et une des premières apparitions à l'écran de Marylin Monroe. Cette histoire de cambriolage marquerait surtout comme une sorte de quotidien rituel dans lequel vivent ces personnages en marge, dont le butin représente pour chacun leur unique porte de sortie et sera le grain de sable venant briser la sombre routine.

Key Largo de John Huston, 1948

En revenant de la guerre, un officier d'aviation rend visite à la famille d'un de ses amis mort au combat. Celle-ci habite dans un hôtel en Floride, qui va être investi par une bande de gangsters poursuivi par la police.

Le couple mythique Bogart / Bacall est réuni à nouveau dans un film noir adapté d'une pièce des années trente, qui réunissait pas moins de trois grandes autres vedettes (Paul Muni, José Ferrer, et Karl Malden), sous la main désormais experte de Huston. Son talent permet de mettre en avant un des éléments constitutifs particuliers du Film Noir, le contexte social et politique. Alors que la fin de la guerre aurait pu signifier le retour vers de nouvelles espérances, le pessimisme de Huston montre un monde désabusé, prêt à voir les démons qu'il vient de chasser ressurgir.

Il existe un grand nombre de films dans lequel Humphrey Bogart tient le rôle principal qui pourrait rappeler celui des films précédents, mais sont considérés comme étant à la lisière du Film Noir. Le port de l'angoisse (To have or to have not) de Howard Hawks, Casablanca de Michael Curtiz, ou Le trésor de la Sierra Madre (Treasure of the Sierra Madre) de John Huston, qui sont considérés comme des films d'aventure. De même pour La maison des otages (The Desesperate House) de William Wyler considéré comme un policier.

Quand la ville dortQuand la ville dort

Quand la ville dort

Rédigé par kerloken

Publié le 23 octobre 2006 à 22h43

Dernière mise à jour le 6 septembre 2010 à 04h01