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Sanctuary

Manga écrit par Sho Fumimura (Fist of the Blue Sky) et illustré par Ryoichi Ikegami (Crying Freeman, Strain). Sorti au japon en 1990 et best seller depuis, il a été édité par Kabuto en France en 2004. Pour lecteurs avertis. Thriller politique et mafieux centré sur deux hommes prêts a tout pour forger leur sanctuaire.

couverture tome 2 Présentation de l'éditeur :

Si Sanctuary fait souvent recours à la violence, ce n'est que pour servir une intrigue complexe qui ressemble à un jeu d'échec où chaque pion aurait sa propre stratégie.C'est aussi le moyen pour Fumimura d'exprimer ce qu'il pense du Japon et de vivement critiquer sa tendance à l'immobilisme et à l'isolationnisme. Si les personnages principaux ont recours au crime ce n'est finalement pour eux qu'un moyen de réaliser leur rêve. Un constat désabusé véhiculé par la superbe mise en image d'Ikegami.

 

Sanctuary est un thriller politique mettant en scène deux personnages principaux, Hojo Akira et Asami Chiaki. Liés par leur enfance hors du commun, ils en sortent avec une volonté de survivre surdimensionnée et un caractère de fer pour tomber dans un japon obèse, vieux et décadent tel un empire romain à son périgée. Voyant cela, ils décident de prendre les rennes du pouvoir le plus rapidement possible et par tous les moyens pour bâtir leur propre sanctuaire.
Pour réussir dans leur objectif, ils vont tirer tout bonnement a la courte paille la voie qu'ils vont suivre et ainsi sceller leur futur...

Hojo devient ainsi l'homme de l'ombre et prendra rapidement le contrôle d'une des mafias japonaises. Car sous son air d'enfant sage et son aura magnétisant son entourage se cache un démon qui n’hésitera pas à utiliser tous les moyens imaginables, de la manipulation au meurtre, pour saisir le pouvoir de la mafia locale. Mais ce n'est qu'un tout petit pas vers un objectif bien plus grand et visionnaire dont on voit les préparatifs avec perplexité dès les premiers tomes, et dont les répercussions n'arrêteront pas de se déverser jusqu'au dernier volume. Contre son appétit vorace, les autres chefs locaux ou nationaux, tout aussi bien que les mafias étrangères, les politiciens et bien sur la police vont tout faire pour le faire tomber…ou dans certains cas s’allier avec lui, consciemment ou non.

Asami quand a lui restera a la lumière et tentera de saisir le pouvoir politique. Commençant comme simple conseiller, il aura bien plus de mal a faire sa place. Mais même s’il doit travailler plus en finesse pour éviter tout scandale, ses méthodes n’en sont pas plus morales, d’ailleurs souvent accomplies par le truchement des hommes de main d’Hojo (il faut dire que les autres politiciens ne sont pas non plus des enfants de chœur). Mais sa façon de faire si éloignée du pouvoir en place lui apportera son lot de surprises et de déboires.

Le manga part ainsi dès le premier tome sur les chapeaux de roues, pour ne s'arrêter que 12 tomes plus loin en tenant en haleine le lecteur sur une seule question, que se posent aussi certains personnages secondaires : Les miracles n'existent pas, quand est ce que ces rêveurs fous tomberont ? Quand est ce qu'ils oublieront de calculer un pion a l'avance sur leurs adversaires ? Car la chute elle, est toute tracée. Ils mettent tout en jeu, de leur vie a celle de leurs alliés, amis, amants, et on se demandera souvent si c'est une course pour tout gagner ou pour ne pas tout perdre.

Que ce soit du coté des protagonistes ou de leurs ennemis, on nous dépeint une galerie de personnages tous plus noirs, corrompus, sans morale et manipulateurs que leurs voisins, dans absolument tous les milieux. Et les héros sous leur face d'anges ne sont pas en reste et sont peut être les pires démons. Mais même si on peut regretter une légère caricature chez certains personnages, ils ont tous une profondeur de réflexion et un caractère extrêmement bien travaillés et on a à la fin une splendide brochette d'anti héros tous plus attachants a leur manière.

Tout ceci est servi par une réalisation sans faute d'Ikegami, illustrant l'histoire de façon claire et précise, avec des planches d'une qualité encore supérieures a celles de "crying freeman". Un dessin direct, réaliste et sachant nous pointer du doigt les détails de ce Japon coincé et mal dans sa peau, tout en donnant de la finesse aux caractères des protagonistes grâce a un splendide travail des regards.


Je ne peux donc que vous conseiller de vous plonger dans l’histoire de ces deux visionnaires mégalomanes et de prendre part a leur ambition démesurée. Mais attention, le pouvoir est une drogue dure dont on se défait difficilement …

Rédigé par jaxom

Publié le 23 août 2006 à 09h54

Dernière mise à jour le 2 octobre 2006 à 00h22