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Mitsuru Adachi

Adachi a été initialement connu en France grâce à l'anime « Théo ou la batte de la victoire », mais il s'agit surtout d'un grand mangaka. Cet article n'a pas pour but d'être exhaustif parce que je m'intéresse plus aux manga qu'aux animes et qu'il existe déjà pleins de personnes qui ont publié sa bibliographie. Je vous propose de découvrir brièvement qui est Mitsuru Adachi, puis de faire le tour de ses publications françaises, pour ensuite avoir une vue synthétique de son style.

Qui est ce ?

Mitsuru Adachi est un mangaka japonais né le 9 février 1951 à Isezaki, préfecture de Gunma ( Japon ).
En 1969, il décide de suivre la voie de son frère aîné (Tsutomu, décédé), également dessinateur, et s'installe à Tokyo. Il devient l'assistant d'Isami Ishii, l'auteur de Kôkô Akumyôden, dont les styles graphiques sont très similaires.
Sa carrière débute en 1970 avec Kieta Bakuon ( basé sur le manga créé par Satoru Ozawa ) paru dans le magazine Delux shônen Sunday. Mais c'est en 1980 qu'il rencontre véritablement le succès avec Nine et Touch. D'ailleurs il reçoit le Shogakukan Manga Award en 1983 pour ce dernier.
Il se marie en 85 et depuis il partage de son temps entre les mangas, son équipe de base-ball ( Vitamin-A ) et sa femme.

Présentation des mangas parus en France

1981-1987 : Touch ( Théo ou la batte de la victoire )

Touch traite de la vie de deux familles voisines dont les 2 frères, Kazuya et Tatsuya et une fille Minami. Ils ont toujours vécu ensemble dans les meilleures conditions, les parents ont même construit une salle d'étude après avoir tombé le mur pour avoir un « jardin » commun. L'histoire commence à leur adolescence lorsque Minami prend une place de plus en plus importante dans leur coeur et qu'une rivalité (non malsaine) se met en place à travers le sport. Kazuya se dépasse à travers le base-ball tandis que Tatsuya se lance dans la boxe. Mais ce manga traitera un thème plus dur par la suite, à savoir la réaction des adolescents face à la mort de l'un des leurs.

1987-1989 : Rough

Rough est une sorte de Roméo et Juliette entre deux familles de pâtissier : les Ninomiya et les Yamato. Ils ont été élevé tout deux dans la haine des représentants de l'autre famille mais partagent l'amour de la natation. Ami Ninomiya pratique le plongeon alors que Keisuke Yamato pratique le 100m mais comme ils sont dans le même établissement et qu'ils possèdent un niveau national, ils se rapprochent doucement.
Évidemment il y a des tensions sportives et amoureuses mais cela reste toujours correct et permet à l'histoire d'avancer. D'ailleurs les courtisans de la belle pratiquent tous un sport avec succès (athlétisme, base-ball, karate, natation). Et croyez-moi, entre les grainsde sable du destin, le sport et le passif familial, ce n'est pas toujours évident.

1988-1996 : Short Program

Short Program regroupe en 3 volumes des nouvelles sur le thème de la rencontre et de l'amour. De prime abord cela peut sembler collection Arlequin mais on peut compter sur Adachi pour penser à des choses totalement atypiques. Mais toutes ne sont pas roses ou ne se finissent pas comme on peut s'y attendre dans le style « happy end ». Les situations abordées sont très disparates : différences d'âge, voyeurisme, amour secret, message indirect, coïncidence, amour de jeunesse, et j'en passe.

1990-1992 : Niji-Iro Tôgarashi

Niji-Iro Tôgarashi initie un changement concernant le fond. L'histoire se déroule sur une planète différente de la notre à l'époque du Japon médiéval. Il s'agit de plusieurs demi-frères qui vivent ensemble dans une maison longue. Ils ont tous une mère différente tout comme leurs caractères et leurs aspirations tandis que leur père tente de garder l'anonymat:

Shichimi 15 ans pompier Keshi 18 ans moine Chinpi 10 ans inventeur
Natane 13 ans la seule fille Goma 22 ans rakugoka Sancho 3 ans nin

Ce qui va les rapprocher est le tour du Japon pour voir les tombes de chaque parent. Au cours de la lecture, on se rend compte que sous cette apparence histoire sympathique Adachi veut faire passer un message important. Une vraie ode jusqu'à la fin.

1997 : Jinbe

Jinbe n'a vécu qu'un an avec Rikako. Mais quand celle-ci meurt, il considère Miku, issu de son premier mariage, comme sa propre fille. Dès lors Jinbe vit seul avec elle et tente de l'élever normalement malgré cette situation. Leur comportement navigue entre relation père-fille et plus que ça parfois, notamment quand Miku présente un petit ami à son père.
Il s'agit d'un manga qui montre l'évolution des relations d'une jeune femme qui a deux pères. Et quand on connaît le talent de Adachi il ne faut pas s'attendre à de l'explicite, du sexe et du trash. Un manga qui aborde un thème dérangeant mais d'une manière suffisamment fine pour ne pas être choquante.

2002-2005 : Katsu!

Katsu! est synonyme du retour aux sources pour Adachi. Il renoue ainsi avec un schéma directeur mêlant sport et sentiment mais dans le milieu de la boxe. Deux jeunes, Katsuki Satoyama et son meilleur ami, veulent se rapprocher d'une fille, Katsuki Mizutani, en utilisant la boxe car ils savent que son père tient une salle. Mais Satoyama ne connaît ni le passé de boxeur professionnel de son père, ni la rivalité ayant opposé son père à celui de Mizutani.
Une aventure sportive et sentimentale qui dévoile des personnages bien plus épais que dans ses oeuvres précédentes. On en apprend plus sur leur passé, leurs motivations ce qui permet de comprendre leurs choix présents et l'évolution des choses. Mais sous cette ambiance bonne enfant sommeille toujours une vérité triste et poignante.

Petite analyse

Scénaristiquement parlant Adachi se situe en le shojo et le shônen. Il utilise les ficelles des deux courants sans tomber dans leurs excès. Généralement il s'agit d'une histoire d'amour dans laquelle le sport joue le rôle de catalyseur et de ciment pour assurer la cohésion. Mais il lui arrive de nous surprendre avec Niji-Iro Tôgarashi ou Jinbe avec lequel il traite des sujets plus « adulte » (même si on ne peut pas dire que l'amour ne soit pas un sujet pour adulte).
D'un point de vue artistique, il possède un trait particulier. Il parvient à faire passer un large panel d'émotion avec un dessin peu chargé, comme s'il s'agissait d'optimisation. Cette remarque est valable autant pour les personnages que pour les décors. La seule chose que l'on pourrait reprocher est la ressemblance entre les personnages des différentes séries.
Une chose qu'il se permet, tout comme Tsukasa Hojo, c'est d'incruster des commentaires de sa vie (éditoriale, personnelle) dans le manga ou encore qu'un personnage lui fasse des remontrances directement voire des pubs entre ses oeuvres. Je trouve ça terriblement drôle et totalement humain.

Adachi est un auteur que j'apprécie car ses mangas m'apportent toujours une forme de joie à travers leur simplicité et la vie étudiante japonaise idéalisée qu'il décrit. Et puis cela permet aux mâles de lire des histoires sentimentales sans avoir besoin de se cacher (joke ?). Et même si son style de dessin ne peut rivaliser de par sa simplicité, il sait surprendre et saisir les gens en les combinant avec des scénarios intéressants ( Niji-Iro Tôgarashi ).
Adachi de par son trait et ses histoires pourrait être comparé à une eau pétillante pour l'esprit.

Rédigé par Ghislain

Publié le 20 août 2006 à 11h54

Dernière mise à jour le 5 septembre 2010 à 19h01