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Le parapente. Pour les Joliens qui veulent voler.

J'avais envie d'ouvrir ce sujet depuis que j'ai commencé à prendre des cours, vu que je n'en ai pas trouvé (de sujet) dédié à ce très beau sport.

Je vais donc en faire la pub dans un premier temps, et appeler les joliens parapentistes (confirmés ce serait encore mieux) à venir témoigner dans un second.

I. Le Parapente, c'est rudement chouette.
A) Principe de base.
Donc, le parapente est l'art de grimper au ciel en tombant attaché à une grande voile. Celle-ci ralentit assez votre chute (moins de 2/mètres secondes en gros) pour qu'un vent ascendant (plus de 2m/seconde donc) vous permette de vous élever dans les airs, jusqu'à plusieurs centaines de mètres (et plus si affinités) au-dessus de votre point de départ.
En l'absence de vent ascendant, vous pouvez malgré tout profiter du relief pour survoler la vallée dans laquelle vous aller vous poser (on appelle ça faire un plouf, on en fait beaucoup au début...).

B) Avantages et plaisirs du parapente.
Quelque soit la manière dont vous pratiquez, le premier plaisir lié au parapente, c'est le fait de voler, à peu près librement, et donc de réaliser un des plus anciens rêves de l'homme. Où que vous soyez, ce sera toujours plus beau vu d'en haut. L'impression de liberté est exaltante (ce n'est certes qu'une impression).

Ce qui ne gâche rien, c'est le fait qu'on ne ressent strictement aucun vertige : rien à voir avec l'escalade et autres activités dont les vidéos me font fermer les yeux devant le PC. Il n'y a pas besoin d'être un athlète (les gros sont même avantagés en général) en super-forme, et c'est un sport qui n'a pas vraiment de limite d'âge (de 14 à 94 ans quoi...).

Comparé aux autres sports aériens (deltas, parachute, planeur), le parapente est celui qui présente le moins de contraintes : vous pouvez porter votre aile et votre sellette (le harnais) sur votre dos, vous pouvez décoller depuis une montagne, une falaise, un bord de plage ou vous faire treuiller par un véhicule, vous pouvez vous posez dans un petit espace et remballer votre matériel en quelques minutes. (on me dira que le base jump présente encore moins de contrainte, mais le taux de mortalité n'est pas le même non plus...).

La base du pilotage est simple : pour tourner à gauche, on freine à gauche en tirant à gauche, et la même chose pour tourner à droite. On améliore le virage en se penchant du côté où l'on tourne. Le décollage (le plus simple) s'apprend en deux ou trois séances seulement, l'atterrissage aussi (on freine un bon coup arrivé à 1m50 du sol pour décrocher la voile et on se pose comme une fleur). Ce n'est que petit à petit qu'on passe aux choses plus compliquées (voler en thermique, manœuvres de descente d'urgence etc.), qui ne sont pas indispensables pour les premiers vols.

Le coût financier, certes non négligeable, est supportable : en occasion, on peut (bien) s'équiper pour moins de 2000 €, et faire deux stages (initiation et perfectionnement) pour moins de 1000 €. Si on est fauché (plus mon cas), doué (pas mon cas) et prudent, on peut acheter son matériel moins cher encore, et se contenter du seul stage d'initiation.

Les différentes pratiques du parapente.
Tout comme le vélo se décline du tout-terrain à la course sur piste, le parapente peut se pratiquer de bien des manières :
1) Le vol sur site : on profite d'un relief sur lequel souffle le vent pour s'élever le long de ce relief (on parle de vol dynamique ou soaring). C'est ainsi que les Bretons peuvent décoller depuis une plage, grâce à la dune et à la brise de mer. C'est normalement la pratique la plus sûre : les lieux sont connus, les points de décollage et d'atterrissage repérés. Attention cependant à la fréquentation excessive et au risque de collision, ou, moins grave, d'embouteillage au décollage. C'est l'activité typique du débutant.



2) Le cross ou vol de distance : On part généralement d'un site de vol, mais au lieu de rester sur place à faire des aller-retour devant la montagne, on profite de bonnes conditions météo pour grimper le plus haut possible puis pour partir en ballade, le plus loin possible. Au cours du trajet, on essaie de reprendre régulièrement de l'altitude, soit en s'élevant en dynamique le long d'un autre relief, soit en profitant de thermiques, de grosses bulles d'air chaud qui s'élèvent depuis le sol, du printemps à l'automne. Comme les thermiques ont tendance à secouer un peu celui qui essaie de les enrouler (en tournant autour), ce type de vol demande un plus haut niveau de pilotage. Et ce d'autant que le pilote doit surveiller d'autres facteurs, comme les terrains d'atterrissage disponibles (ne vous lancez pas sans réfléchir au dessus d'une forêt...), les limites des zones aériennes (les boeings n'ont pas le sens de l'humour) et l'évolution de la météo sur une vaste zone (les cumulo-nimbus ne font pas rire).




3) Le vol acrobatique : On part d'un site, et on multiplie les manœuvres à sensation fortes, très jolies visuellement (spirales, "looping", etc.). Il est naturellement évident que ce type de pratique demande un TRES bon niveau de pilotage.



4) Le speed flying : avec une voile de petite taille, on dévale une pente depuis une montagne. Vitesse et sensations garanties. Notez qu'il existe des voiles intermédiaires entre le parapente classique et le speed, permettant de transformer une descente en petit cross si les conditions s'y prêtent. Le speed flying peut se combiner avec le ski pour devenir du speed riding. Il faut alors avoir un bon niveau en ski.



5) le paralpinisme : peut se pratiquer en speed flying ou en parapente normal, mais exige quoiqu'il en soit des voiles ultra-légères et des sellettes minimalistes. Pour les alpinistes qui n'ont pas envie de se taper la descente une fois parvenus au sommet, ou pour les parapentistes qui veulent absolument partir de très haut.


La sécurité en parapente.
Mais c'est dangereux tout ça ?
Oui et non. A la base, l'homme n'est pas un oiseau, ni une chauve-souris. Il y a donc bien entendu des dangers à pratiquer le parapente. Mais la prudence et le respect des règles de sécurité permettent de limiter les dangers.
Alors, que devez-vous craindre et éviter ?
1) La météo. On ne vole pas quand il y a trop de vent (pour un débutant, mieux vaut rester au sol si la vitesse du vent dépasse 25 km/h). Tout simplement parce que le décollage risque de se transformer en crash. On ne vole pas quand il pleut. On ne vole pas quand il y a des gros cumulus ou des risques d'orage (personne n'a envie d'aller faire un tour dans la stratosphère ou de prendre du 200 000 volts dans les gencives). On ne vole pas dans le brouillard ou dans les nuages (sous les nuages, quand ils sont petits, ça va). On consulte les prévisions météos pour la journée, et on garde sa radio allumé (ou son mobile/internet) sur les fréquences (les sites) qui vont bien, histoire de ne pas se faire surprendre par le mistral qui se lève. Enfin, on fait attention au risque de tourbillons.
2) Le relief et la végétation (et assimilé). On ne vole pas sous le vent d'un relief (on reste de l'autre côté). On ne descend pas dans une vallée encaissée (sauf si pas de vent et pas de choix). On évite de se poser en forêt. On fait attention aux lignes à haute tension, aux câbles des téléphériques. Le survol des villes est généralement interdit (et dangereux), surtout s'il y a un aéroport dans la zone. Personne n'aura l'idée saugrenue d'aller au-dessus de la mer quand le vent souffle depuis la terre.
3) Les autres pilotes : quand il y a du monde en l'air, on respecte les règles de priorité, et on regarde où on va. On respecte de la même manière les limites d'altitude (cf les Boeings) et si une base aérienne est dans le coin, on se renseigne sur les jours réservés aux entraînements des pilotes de chasse (dans certains couloirs utilisés pour le rase-motte).
Par contre, il est naturellement plus sur de ne pas voler tout seul dans son coin, au cas où, mais avec un pote, ou à la rigueur un conjoint qui vous suit en voiture. Pensez aussi au téléphone portable, ça peut servir...
4) Le matériel : on fait réviser sa voile (et sa suspente), on ne vole pas avec du matos hors d'état. On vole avec une voile adapté à son niveau (non, pas de voiles non-homologuées quand on est débutant) et à son poids (surtout si on est léger). On ne part pas en cross (ou en acro...) sans parachute de secours.
5) Le pilote : on ne vole pas bourré ou drogué, et on passe de temps en temps chez le médecin (surtout si on fait de l'acro... Je doute que les cardiaques encaissent bien 3 ou 4 G...).

ça m'intéresse, je fais quoi, combien de reins dois-je vendre ?
Si on veut tester le parapente, pour être sur que ça va plaire, le mieux est de faire un petit baptême de l'air en biplace. Comptez entre 75 et 100 €.
Si vous êtes certain que ça vous branche, partez sur un stage d'initiation. En gros, une semaine de stage ou dix demi-journées. On vous demandera de prendre une licence FFVL, une assurance (obligatoire), et le tout vous coûtera dans les 450/500 €.
Suivant la vitesse de vos progrès, vous prendrez ensuite un ou deux stages de perfectionnement (400€ en gros à chaque fois). Avant de vous lancer dans des trucs un peu plus sport (par exemple si vous décidez d'acquérir une aile sportive, ou de partir à la chasse aux thermiques costauds du mois d'août), faites un stage de Simulation d'Incident en Vol, où vous apprendrez à gérer les fermetures de votre voile, l'utilisation du parachute de secours etc.
Pour le matériel, vous pouvez songer à vous équiper à la fin de votre stage d'initiation ou du premier stage de perfectionnement. La plupart des écoles pourront vous orienter (elles vendent souvent des voiles d'occasion, et parfois des neuves). Vous pouvez aussi écumer le net, il y a une bonne de sites et de boutiques faciles à trouver avec google, certaines vendant du neuf comme de l'occasion. Le pack minimum pour voler, c'est aile+sellette+secours+casque, ce qui grimpe (en serrant les prix) à 3000 € et plus en neuf, et bien moins que ça en occasion.
Il y a ensuite toutes sortes d'accessoires plus ou moins dispensables, de l'ati-vario-GPS (votre smartphone peut en faire office, dans certain cas) en passant pour la poche à eau camel-back, la combinaison de vol, la caméra HD fixée sur le casque, les sacs de pliage rapide, le missile air-air etc...

Enfin, la petite note politico-économique d'Aloïsius : la plupart des constructeurs de parapente (il y en a des dizaines, c'est un secteur très éclatés, même si certains acteurs comme Ozone, Gradient, Sol, Gin... dominent le marché) conçoivent leurs modèles en Europe, et les font assembler dans les pays émergents (ce qui n'est pas mal en soit, les ouvriers vietnamiens ont le droit de vivre, eux aussi). Si vous tenez absolument à ce votre argent reste en France ou en Europe dans des sociétés semi-industrielles de petite taille, il existe cependant des constructeurs fabricants entièrement en France (Nervures) ou en Europe (Team 5 par exemple et bien entendu nombre de constructeurs d'Europe de l'Est comme Dudek).


II. Le parapente, d'autres joliens ont certainement plein de trucs à dire dessus.


Je vous laisse la parole : il ne fait aucun doute que certains ici comptent bien plus de vols que moi, qu'ils ont certainement plein de chose à corriger dans ce que j'ai dit, d'anecdotes à raconter, de clubs ou de sites à présenter etc.
En ce qui me concerne, je vole (bon, en école hein, et pas aujourd'hui, temps de merde) près de Clermont l'Hérault, surtout du côté du Pic du Vissou. Aucune gamelle ou anecdote marquante d'aucune sorte à raconter, et moins de dix vols à mon actif, dont seulement une petite poignée d'une demi-heure (les autres étant des ploufs de 5 minutes).

III Le matériel.
Cette section est consacrée à la présentation du matériel utilisé pour voler.
1) Les ailes (aussi appelées voiles).
Elles se classent en plusieurs catégories.
Les ailes-écoles : ce sont les plus sures, elles répondent à la norme EN A, qui garantie qu'elles pardonnent la plupart des grosses bêtises des débutants, et qu'elles se rétablissent d'elles-mêmes de la plupart des incidents de vol (qui sont rares avec elles de toute manière), tel que les fermetures, les décrochages... Elles "amortissent" généralement bien les mouvements de la voile, histoire que le débutant ne soit pas trop secoué.
Leurs performances sont naturellement plus faibles, avec une finesse qui tourne autour de 8-8,5 pour les plus récentes (tout est relatif, elles laissent sur place les vieilles ailes de sport des années 90...), elles transmettent moins d'information (puisqu'elles amortissent) sur la masse d'air, et elles sont souvent moins maniables (puisqu'elles pardonnent les erreurs des débutants).
Parmi les modèles en vogue dans cette catégorie, citons la Bright IV de gradient, l'element 2 de Ozone, l'Alpha 5 d'Advance, l'Aloha classique de Nervures, la boxer d'ITV... J'ai personnellement acquis une "green b" de Team 5, étant peut-être excessivement prudent et modeste.
Le prix de ces voiles tourne, neuves, entre 2000 et 3000 €
Les ailes de progression.
Ce sont des ailes encore très sûres, mais un peu plus vives et un peu plus performantes que les ailes écoles. Elles obtiennent usuellement la classification EN B : elles vont aussi récupérer la plupart des incidents de vol, mais parfois un peu moins bien, et demanderont un pilotage plus actif et plus précis. Elles restent cependant accessibles au pilote qui a terminé son stage de perfectionnement, voire d'initiation.
Elles sont normalement plus rapides (disons plus de 50 km/h accélérée), plus vives, plus maniables et ont une meilleure finesse (on va dire entre 8.5 et 9) que les ailes écoles.
Parmi les modèles en vogue dans cette catégorie, la Ion 2 de Nova, la Buzz 3 d'Ozone, l'Ellus 4 de Sol, la Golden 3 de Gradient... Leurs prix varient entre 2500 et 3200 €, neuves bien sur.
Les ailes de loisir
On parle ici des ailes destinées aux pilotes déjà expérimentés. Elles peuvent répondre à la certification EN B, comme les ailes de progression, ou EN C pour les plus sportives. Leurs performances, leur vivacité sont naturellement supérieures, elles peuvent atteindre les 55km/h accélérées, et ont des finesses proche ou supérieures à 9.5. Ce sont des ailes largement suffisantes pour faire des cross de plus de 100 km. On peut citer la Rush 3 d'Ozone, l'Atis 3 de Sky Paraglider, la Chili 3 de skywalk... Leurs prix, neuves, sont comparables aux ailes de progression, un peu plus de 3000 €.
Les ailes de performance et de compétition.
On arrive dans le haut du panier en terme de performance, et d'exigences concernant les pilotes. Des vitesses accélérées jusqu'à 60 km/h, des finesses pouvant atteindre et dépasser 10 (pour les ailes de compétition, ça dépasse 11)... Ces ailes répondent à la norme EN C ou EN D (pour la compétition), les ailes non-homologuées n'étant plus autorisées dans les différents championnats suite à une série d'accidents.
Certaines sont bien entendues plus accessibles que d'autres au commun des mortels, ce seront les ailes de performance, comme l'Aspen 4 de Gradient, la Diamir de Nervures, l'icepeak de Niviuk, la Cayenne 4 de Skywalk... D'autres sont réservées ou presque à la compétition et aux pilotes de très bon niveau, comme la mantra d'Ozone, la boomerang X de Gin etc..
Les prix de ce type de voile s'étalent entre 3500 et 3900 €.
Les ailes d'acrobatie
Ce sont des ailes spécialisées dans la voltige. Leurs performances sont bofs, mais elles ne servent pas à faire du cross ou du vol de distance. On trouve par exemple La Bitch acro de Mac Para.
Par définition, ces voiles ne sont pas à mettre entre toutes les mains...
Les ailes de montagne.
Il peut s'agir de voiles de progression ou de voiles de loisir, ce sont des voiles très légères, comme l'Aloha de Nervures, la Geo 3 d'Ozone... On peut y ajouter les voiles de speed flying hybrides comme l'ultra-lite d'Ozone, la LOL de Nervures, mais ces dernières voiles sont surtout faites pour descendre d'une montagne, pas pour voler. Leurs prix sont comparables aux voiles de catégories équivalentes, et nettement plus bas, aux alentours de 2000 €, pour ce qui est des voiles de speed flying ou hybrides (puisque bien plus petites).
Les biplaces.
Les plus grandes, les plus chères (souvent plus de 4000 €). Généralement certifiées EN B, leur objectif n'est pas tant la performance que la capacité à décoller dans une grande plage de vents et avec une grande plage de poids, puisque les bi-placeurs n'ont pas les moyens de choisir le poids de leurs clients. Notez qu'une certification "pilote bi-place" est exigée pour être couvert par les assurances, même si c'est pour faire voler un copain ou une copine.
les voiles de gonflage
Ces voiles ne sont pas faites pour voler, mais pour s'exercer au sol. Ce sont les moins chères, aux alentours de 800 € neuves. Leur intérêt me semble limité, sauf peut-être si vous êtes un moniteur d'école de parapente...
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