Je suis allée voir ce film sans avoir lu le moindre des romans de cette trilogie pourtant très à la mode. On m’avait vendu un film du style de Narnia mais en mieux (et de fait, je n’ai pas tenu jusqu’à la fin du premier Narnia ). La Boussole d’Or tient effectivement ses promesses : des décors à couper le souffle, un univers graphique très sympathique et un casting impressionnant.

Une histoire somme toute classique car les romans s’adressent avant tout aux enfants, tout comme à priori les films. Une jeune héroïne élue devra sauver le monde et lutter contre la méchante organisation qui le gouverne et l'asservit. L’originalité de la chose se situe dans un petit détail très sympathique, sur le monde de la boussole d’or, chaque être humain est doté d’un daemon. Ces créatures qui grandissent en même temps que l’être humain prennent la forme d’animaux changeants durant l’enfance. Ils se fixent ensuite pour accompagner définitivement l’adulte dans une forme unique. Le daemon représenterait une part de l’âme de l’être humain et bien évidemment lorsque l’un souffre, l’autre également. Outre le fait que ces petits animaux sont extrêmement bien animés dans le film ils représentent une innovation très intéressante par rapport aux grandes histoires classiques du genre.
La Boussole d’or raconte donc comment notre jeune orpheline (pas si orpheline que cela d’ailleurs), Lyra, et son daemon Pantalaimon vont déjouer les plans du Magisterium (la méchante organisation si vous avez bien suivi). Ces questions posent toute l'intrigue de la trilogie : Qu'est-ce que la Poussière, cette étrange substance qui semble liée aux daemons ? Pourquoi ces derniers arrêtent-ils de changer de forme lorsque les enfants deviennent adultes ? Et bien d'autres interrogations qui trouveront leur réponse plus tard dans ce film ou dans les suivants...

Outre Dakota Blue Richards qui interprète très joliment Lyra, on trouve également Nicole Kidman dans le rôle de la glaciale Misses Coulter, Daniel Craig, le dernier James Bond en date, dans le rôle de Lord Asriel mais également Eva Green, Christopher Lee… De très nombreux artistes sont regroupés autour de cette histoire magique. Le casting est donc impressionnant, et on notera avec plaisir que, contrairement au Monde de Narnia , les jeunes acteurs savent enfin correctement interpréter leur rôle. Pour ceux qui ont eu la chance de voir le film en VO, le travail sur les différents accents et les jargons de rue rend bien les différentes ambiance du film, des rues mal famées des grandes villes aux tables recouvertes d'or des réceptions aristocratiques, pour au final une atmosphère qui n'en est que renforcée.

Comment parler de la Boussole d'or sans évoquer son ambiance si particulière ? Ses décors impressionnants dignes d'un Seigneur des Anneaux montrent clairement qu'une bonne partie du financement de ce film à gros budget leur a été dédié. Les villes sentent bon le merveilleux, avec une ambiance très XIXème siècle teintée de fantastique et de magie. Les zeppelins qui les survolent et les étranges voitures-carosses sont d'une modélisation sans faille et cloueront le spectateur sur place sous un déluge d'effets tous plus colorés les uns que les autres. On regrettera par contre que la musique ne prenne qu'une place anecdotique là où dans d'autres films de même acabit elle aurait fait frissonner toute l'audience.

Si le film est extrêmement distrayant, il manque cependant de rythme par moments. Pour moi le point le plus décevant est la modélisation des ours de combat que j’ai trouvé assez ridicules et le grand fouillis du combat final. Le réalisateur donnant l’impression d’avoir un peu abusé de la duplication de personnages pour un résultat super brouillon et très long. C'est toutefois un bon début pour une trilogie qui s'annonce plus merveilleuse qu'épique, et qui aura le mérite de distraire les plus âgés tout en émerveillant les plus jeunes.