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Godhand

Le studio qui a fait ses classes avec des titres comme Viewtiful Joe ou Okami n’est plus. Clover a fini par disparaître, dissout par Capcom. Mais avant cela, les talentueux développeurs ont pu nous concocter un dernier titre : God Hand .. Beat them all étrange, déjanté, résolument old-school, God Hand n’a pas manqué de faire parler de lui...

Image Manquante

Rock’N Roll

God Hand vous met dans la peau de Gene, un bon gars un peu voyou sur les bords qui a hérité d'un bras divin suite à la perte de l'un des siens. Il est constamment flanqué d’Olivia, qu’il a défendue de trois malfrats, lui valant son amputation. C’est à peu près tout ce qu’il y a à savoir. C’est du moins ainsi que Clover voit la chose : dès lors que la première cinématique - qui fait écho à la scène d’intro de Hokuto No Ken (« de l’eau ! ») - s’achève, vous êtes propulsé dans un petit village au look western, jeté en pâture à des hordes d’ennemis peu commodes. Inutile de nier, c’est la raclée assurée pour ce premier contact avec le bébé de Clover. C’est que le jeu ne prend pas le joueur pour un idiot, au point que ni didacticiel ou autres conseils ne viendront l’orienter. C’est donc au courageux joueur d’en découdre avec le gameplay du titre et de l’assimiler de son propre chef.

Un gameplay savamment conçu. God Hand , c’est certes avant tout un tabassage à grande échelle d’ennemis au look punk qui peut faire penser à un Street of Rage ou à n’importe quel bon vieux beat’em all 2D des années 90. Mais cela ne veut pas dire pour autant que les mécanismes de jeu ne sont pas étudiés. God Hand propose un système qui permet de concevoir soi-même ses propres combos en piochant parmi des techniques que l’on pourra acquérir au magasin. On pourra aussi mettre la main sur certaines d’entre elles, éparpillées dans les niveaux. Cela peut paraître simpliste à première vue, mais on prend vite plaisir à assembler différents coups parmi une palette assez élargie. Chacun verra midi à sa porte : enchaînement de coups bourrins mais lents à effectuer, pluie de gifles, crochets, directs et autres coups vifs, coups de pieds et balayages… Le tout est en plus facilement paramétrable et ce, à tout moment du jeu. Il s’agira donc aussi de choisir les bons coups en fonction de la situation. Ce qui est intéressant, c’est la dimension comique de certains coups, dont les noms suffiront à faire sourire le joueur (« ferme là ! » ou « ferme là vraiment ! » par exemple).

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La roue de la fortune

Mais God Hand se démarque aussi par les coups « annexes » qu’il propose. En plus de ces enchaînements qu’on effectue simplement en bourrinant la touche carré, on pourra aussi octroyer aux autres touches des techniques qui leur seront propres. Pour élargir la gamme de coups disponibles, il sera ainsi possible d’attribuer une technique à une combinaison de touches (bas + croix, etc…)

Et ce n’est pas tout, puisque God Hand propose aussi un système plutôt rigolo : la roulette. Pour peu que l’on ait des sphères en sa possession, il suffira d’appuyer sur R1 pour déclencher un effet bullet-time. Dès lors, il faudra vite choisir une technique parmi celles disponibles (qui sont propres à la roulette, il ne s’agit donc pas des mêmes techniques que celles des enchaînements) pour la déclencher. Celle-ci pourra vous coûter de une à trois sphères. Bien entendu, cela est à utiliser judicieusement étant donné le coût. Les animations de ces coups spéciaux sont très souvent comiques (« casse-noix ») et la plupart du temps spectaculaires. Le tout ne casse pas du tout le rythme et s’ancre parfaitement dans les phases de combats effrénées et fluides à la fois.

De plus, les joueurs pourront s’adonner au joyeux passe-temps du « fatality », à la manière d’un God of War : lorsqu’un ennemi est en difficulté, il est possible de l’achever directement en déclenchant une petite phase QTE. Dans God Hand, cela donne lieu à des enchaînements hilarants (« la fessée ») qui font souvent référence au catch ou qui seront tout bonnement ridicules.

En plus de ces nombreux atouts, les esquives sont aussi de la partie : un saut périlleux arrière, des strafes très vifs et autres esquives.Tout cela confère un dynamisme incroyable aux combats, fluides et cohérents.

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Enfin, la dernière cartouche à jouer en cas de difficulté sera celle du God Hand. En appuyant sur R2, le joueur deviendra, pendant un court laps de temps, très puissant et pourra se débarrasser des ennemis les plus harassants sans trimer. God Hand confère donc au joueur tout un arsenal de possibilités pour se défaire des situations les plus désespérées, et un gameplay entièrement paramétrable en piochant parmi toutes les techniques proposées.

God mode

Car God Hand n’est pas à un jeu à la portée de tous. Corsé même en mode facile, il propose aux joueurs un challenge de taille, mais loin d’être impossible une fois le gameplay bien assimilé. De plus, la difficulté s’adapte en temps réel au joueur. Lorsque ce dernier est en forme et qu’il terrasse les ennemis un à un, il passe au niveau supérieur, ce qui booste la puissance des ennemis. Mais dès l’instant où il est mis en difficulté par ces derniers, il est rétrogradé et la difficulté est revue à la baisse. Un système qui peut paraître étrange, mais qui en plus de bien fonctionner, confère au joueur l’envie de se surpasser et de franchir les paliers en question, au nombre de quatre.

Du reste, la difficulté réside surtout dans la rareté des objets régénérant et dans les boss qui paraissent souvent insurmontables. Mais tout est question de relativité dans God Hand , et une fois les mécanismes du gameplay bien mûris, tout joueur a les moyens de progresser dans le jeu. Dur mais pas frustrant.

Traverser les niveaux de God Hand en collant des baffes à tout ce qui bouge est donc loin d’être aisé, mais pas impossible non plus. De plus, les check points sont plutôt bien placés, et les pauses sauvegardes sont assez nombreuses. Celles-ci permettent aussi de se rendre au magasin pour faire des achats de technique, que ce soit pour les combos ou la roulette. Il est aussi possible de se rendre au casino pour s’adonner à des mini-jeux (black jack, poker) pour récolter des fonds. Un bon moyen de décompresser entre deux niveaux, et surtout de financer ses achats autrement que par les trésors dispersés au sein des niveaux.

Enfin, il est aussi possible d’accéder à un entraînement, véritable institution pour tous ceux qui voudront mettre au point des combos infaillibles et perfectionner leur style de jeu. Une fois bien maîtrisé, God hand devient donc un gigantesque défouloir mais qui ne manque pas de finesse pour autant, étant donné la richesse du gameplay.

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La traversée des niveaux est d’autant plus agréable quand on sait que l’ambiance du titre est tout simplement hilarante et déjantée. Les boss sont d’une rare originalité (jumeaux équilibristes en string, cubain obèse, ninjas fluos qui font écho à Viewtiful Joe …), et les situations sont tout aussi absurdes (chihuahua démoniaque…). Les nombreuses cutscenes sont bien entendu du même acabit, et les références (notamment aux jeux Capcom) sont nombreuses. Les dialogues, doublés en anglais (même dans la version Japonaise) sont tout aussi savoureux. God Hand dispose donc d’un vrai penchant parodique, et se fait presque le pastiche des beat them all. L’ambiance sonore n’est pas en reste, avec un délire constant blues/rockability qui colle totalement à l’aspect rock’n roll et dépouillé de ce titre.

Car ce qui fâche dans God Hand , c’est avant tout la réalisation. Pour un jeu de 2006, l’addition est plutôt décevante.. Les décors sont vides, l’aliasing est omniprésent, les textures sont pauvres... Le clipping est aussi très présent, au point qu’il suffit de changer l’angle de la caméra pour voir un mur auquel on était adossé disparaître comme par magie.

La qualité des animations et des modèles reste toutefois à souligner, et c’est bien le principal dans un jeu du genre. La caméra est par contre assez dérangeante : celle-ci est constamment collée au joueur, si tant est que l’on ne peut jamais voir le héros de face. La visibilité en est fortement altérée, et cela mettra le joueur dans des positions délicates de manière récurrente. D’un autre côté, elle colle totalement adaptée au style de jeu de God Hand , où il s’agit de prendre les ennemis un par un.

Conclusion

God Hand est avant tout un beat’them all abouti et plus fin qu’il n’y paraît, qui propose un challenge de taille au joueur tout en lui donnant les armes nécessaires pour en venir à bout. Si le penchant old-school du titre rend le gameplay difficile à maîtriser, le joueur prend d’autant plus de plaisir sur ce gigantesque défouloir une fois celui-ci appréhendé. On pourrait donc citer les graphismes comme défaut majeur, mais honnêtement, une fois en jeu, ce n'est guère important. Un titre culte et rock’n roll sur lequel il faut se jeter !

Image Manquante

Les plus

  • Un défouloir parfaitement calibré
  • Créer ses propres combos
  • Une ambiance déjantée
  • Les nombreuses références
  • Une difficulté bien dosée

Les moins

  • Graphiquement minimaliste

Par Guls.
Publié le 2008-02-04 22:08:52

God Hand, pour Playstation 2, 23€ d'occasion.

Article écrit par Albion.

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