
Vous êtes Harry Mason, père attentionné de la petite Cheryl, 7 ans. Elle est votre seul réconfort depuis que la maladie a emporté votre femme. Aussi, lorsqu'elle émet le désir de se rendre dans la petite station balnéaire de Silent Hill, vous imaginez que ces vacances, bien que tardives, ne pourront pas vous faire de mal. Bien entendu, vous avez tort.
Bienvenue à Silent Hill
Cette partie traitera du premier opus de la série édité par Konami et sorti en 1999 sur Playstation.
Bon, et de quoi ça cause ? Le scénario
Il fait nuit et pas une âme en vue sur la route montagneuse. La petite dort à côté de vous, une motarde de la police vous double, vous continuez.
Un peu plus loin, vous reconnaissez la moto, abandonnée sur le bas-côté. Vous tournez la tête, interloqué, mais vous n'avez guère le temps de vous poser de questions. Quelqu'un - une jeune fille ? - sortie de la nuit, traverse devant vous. Pris de panique, vous donnez un violent coup de volant en freinant, c'est l'embardée.
Lorsque vous reprenez conscience, vous avez mal au crâne. Quoi ? Mais... vous êtes... à Silent Hill ? A côté de vous, Cheryl n'est plus là.
Ca ressemble à quoi ? Les graphismes
Soyons franc, si vous vous attendiez à une merveille, vous risquez d'être déçu. Mais bon, en même temps, on est sur Playstation et en 1999. Après, ne croyez pas que c'est impossible à regarder, juste que ça a un peu vieilli. De toute manière, en temps que gamer vous savez que les graphismes, même s'il y a un minimum syndical, c'est secondaire, et que c'est dans les vieilles marmites qu'on fait les meilleures soupes.
Maintenant que vous êtes prévenu, vous devriez quand même apprécier l'ambiance visuelle. Dans Silent Hill, rien n'est jamais clair ou lumineux. Vous évoluez dans un monde de brouillard et de nuit à la seule lueur d'une lampe de poche ; les caméras se plaçant ingénieusement de façon à ce que vous hésitiez toujours à faire un pas de plus. Effet garanti.

Et comment qu'ça marche ? Le gameplay
Vous êtes Harry, 32 ans, écrivain, papa-gâteau. Alors, si vous vous imaginez que vous allez savoir manier le flingue ou le couteau aussi bien qu'un Chris Redfield ou un agent 47, vous l'aurez dans l'os. Eh oui, Silent Hill, survival horror axé avant tout sur l'horreur psychologique et non l'action pure et dure, vous fera assez vite ressentir que vous avez davantage de chances de vous en tirer en fuyant plutôt qu'en dégommant tout ce qui bouge. D'ailleurs, vu le peu d'armes à feu que vous trouverez, il vaudra vraiment mieux penser à économiser vos munitions. Par contre, contrairement à Resident Evil par exemple, où les héros ne semblent vivre que par tout ce qui fait pan ou boom, vous aurez l'occasion de vous défendre en utilisant diverses armes de fortune, telles que des tuyau, couteau de cuisine, hache etc.
Histoire de vous coller encore plus de sueurs froides, je ne peux manquer de vous parler de la radio de poche que vous trouverez assez tôt. A première vue, elle semble cassée, mais elle se mettra à grésiller dès que les monstres seront dans le coin. Tendez l'oreille.
Petit point négatif, les énigmes. Si certaines sont encore abordables, d'autres, au vu du peu d'indices que vous récolterez, vous feront sûrement vous arracher les cheveux. Soyez tenace, l'aventure en vaut la peine.
Musique, vous avez dit musique ? Le son
La musique, autant que les effets sonores, très bien pensés, sont discrets mais distillés des plus efficacement pour vous plonger sans concession au cœur du cauchemar. Rien à en redire. Quant aux dialogues, même s'ils sont parfois un peu mous, on aura quand même droit à la vo sous-titrée. Pas le must pour tout le monde mais on ne va pas se plaindre.

Heu... J'ai rien compris
Félicitations ! Vous êtes parvenu à finir le jeu. Que vous n'ayez rien ou pas tout compris au scénario, c'est normal (dans le cas contraire, je vous trouve bien prétentieux !). Eh oui, figurez-vous qu'il existe cinq fins globalement différentes à Silent Hill. Vous vous sentez prêt à retrousser vos manches ? Bravo, bel enthousiasme ! Seulement... même s'il est vrai que l'obtention de toutes les fins vous donnera davantage d'éléments sur le comment du pourquoi, il demeurera néanmoins une part de brume et les questions qui vont avec. A vous de vous faire votre opinion, même si des théories crédibles (voire une explication officielle) sont légion sur le net, vous aurez peut-être envie de jeter la lumière sur cette ténébreuse affaire par vous-même... Au risque, naturellement, d'y perdre la raison.
Pourquoi ça marche
Discret lors de sa sortie, Silent Hill n'en a pas moins remporté un succès international mérité. Et pour cause, il exploitait à l'époque une ficelle encore peu développée du survival horror, misant avant tout sur la peur psychologique et la sensation d'être, si pas totalement, au moins partiellement vulnérable, plutôt que la montée d'adrénaline et les hordes d'ennemis assoiffés de sang, le vôtre.
Ajoutez à cela un scénario alambiqué mais prenant, ainsi qu'une composition sonore en adéquation totale, et vous comprendrez pourquoi les fans gomment volontairement les petits défauts du soft.
L'anecdote ©Glandulf
Au sujet du brouillard, phénomène désormais coutumier à la série, il a été implanté dans le premier opus car à l'époque, la Playstation n'était pas assez puissante pour pouvoir afficher toutes les textures de la ville. En fin de compte, l'idée, efficace, fut conservée pour les suites.
Le mot de Sombreloup
Je suppose que vous vous en foutez si je vous dis qu'à l'époque j'ai découvert Silent Hill par le biais d'une courte démo que j'ai finie et refinie ? Désolé mais bon, c'est "le mot de Sombreloup", faut bien que je remplisse parce que je ne sais plus trop que vous dire. Enfin si, mais si je commence, je suis parti pour des heures, puisque vous vous doutez bien que si j'ai décidé de réaliser ces articles, ces jeux ont un certain intérêt pour moi. En fait, le terme est faible, mais bref. Silent Hill premier du nom n'est pas, selon moi, le meilleur opus de la série, mais il a le mérite de m'avoir trituré les méninges un bon bout de temps et fidélisé à cette succession "d'aventures" au cœur de vos ténèbres personnelles.
Bon, eh bien, voilà. Rendez-vous à la deuxième partie pour la prochaine peur. D'ici-là, vérifiez quand même sous votre lit, on ne sait jamais...
