Dans le grand registre "C'était mieux avant", Castelvania est une série qui a su se faire apprécier des fans de jeux vidéo et continue de le faire via ses opus DS. Mais c'est ici à Symphony of the night, sorti sur PSOne et Sega Saturn, que nous nous intéressons.

Castlevania : Symphony of the night est un jeu développé par Konami sorti en 1997 sur PSone et en 1998 sur Sega Saturn. Il est aujourd’hui disponible sur le Xbox Live Arcade et le Playstation Network (américain seulement), payant dans les deux cas. Il s’agit d’un jeu de plateforme/action en 2D qui laisse une grande part à l’exploration, très proche sur ce point du Super Metroid de Nintendo sorti quelques années auparavant sur Super Famicom.
Ce Castlevania tranche donc radicalement avec les opus précédents, d’autant plus que le joueur incarne ici le très charismatique Alucard, fils de Dracula, une première pour un Castlevania où l’on incarnait habituellement un membre de la famille Belmont (avec notamment le très célèbre Richter)
Cet opus de la grande saga de Konami se situe directement après Castlevania : Vampire's Kiss , dans lequel le célèbre Richter Belmont était finalement venu à bout de Dracula. SOTN s’ouvre d’ailleurs sur cette scène où le joueur contrôle directement le personnage de Belmont et affronte Dracula. Quelques temps plus tard, Richter Belmont disparaît mystérieusement et Maria Renard commence les recherches, ce qui l’amène directement au château de Castlevania qui s’est matérialisé à nouveau. C’est ce qui entraîne le réveil d’Alucard, fils du Comte Dracula qui s’était délibérément plongé dans un sommeil éternel pour mettre fin à sa lignée. Alucard, que vous incarnez, se met donc en route vers Castlevania…
On est donc immédiatement jeté dans l’énorme dédale architectural que constitue Castlevania . De prime abord, on remarquera la structure des lieux, alambiquée, avec une grande part accordée à l’exploration. Il ne s’agit vraiment pas de parcourir la carte de gauche à droite (ou inversement), mais d’en explorer tous les recoins, qui fourmillent de détails et de secrets. Alors bien sûr, il est toujours possible de ne pas s’en soucier et de faire le jeu en « ligne droite », mais même dans un tel cas de figure, il faudra quand même opérer de nombreux aller-retours, et visiter des lieux différents (cachots, chapelles, tours, donjons…). Cet aspect exploration est renforcé par le level-design phénoménal, et la patte artistique très marquée des architectures gothiques.
Mais arpenter Castlevania ne relève pas du tout de la promenade de santé, loin de là. Les ennemis se dresseront constamment sur votre route, d’autant plus que le bestiaire est très fourni, et très inspiré aussi, même si on reste bien entendu dans un registre gothique (squelettes, zombies, chevaliers déchus, diverses créatures…), il est cependant agréable de voir que ce dernier est très diversifié, en quantité comme en qualité. Les ennemis sont surtout très différents à combattre et il faut savoir s’adapter pour en venir à bout.
Car SOTN est bien entendu un jeu qui laisse aussi une grande part à l’action, avec un fond de RPG à l’époque totalement inédit à la saga. Il sera donc possible de choisir minutieusement l’équipement d’Alucard et de lui faire franchir les classiques niveaux en gagnant des points d’expériences amassés sur les ennemis. Tout cela aura une réelle incidence sur le jeu, puisqu’on pourra par exemple choisir de s’équiper d’une arme à deux mains, lente mais dévastatrice, ou d’une arme plus rapide accompagnée d’un bouclier qui permettra au personnage de parer certaines attaques. De même, la jauge de vie d’Alucard augmentera au fur et à mesure que ce dernier montera de niveau. Il sera aussi possible d’utiliser une arme secondaire pour se défaire des adversaires à distance, ces dernières ne s’équiperont pas mais se ramasseront simplement sur les cadavres des adversaires qui les laisseront tomber aléatoirement.
De quoi procurer une action vive et dynamique, et surtout paramétrable selon le style de jeu du joueur. Dans le fond, on a bel et bien à faire à un jeu d’action en 2D, mais aucun style de jeu n’est imposé et on peut choisir la façon la plus adéquate de se défaire des nombreux adversaires qui sillonnent le château maudit.
Un système qui s’étoffe aussi par la présence de la magie, avec des sorts que l’on pourra acheter à un marchand moyennant quelques piécettes trouvables un peu partout au cours de l’aventure. Ces derniers s’exécuteront par une combinaison de touches, un peu à la manière d’un jeu de baston, et seront dépendants d’une jauge de mana. Le fait d’effectuer soi-même le combo donnera encore une fois un petit aspect technique au titre, couplé à un réel plaisir de sortir soi-même son sort.
Enfin, il faudra noter la présence de reliques disséminées un peu partout dans Castlevania : certaines obligatoires pour progresser dans l’aventure (le classique double saut, la possibilité de se changer en brume pour traverser certains obstacles) et d’autres facultatives que le joueur aguerri prendra plaisir à acquérir : divers familiers, transformations (en loup par exemple).
Bref, le système de jeu est très complet, qu’il s’agisse des éléments facultatifs ou indispensables à la progression, on prendra un grand plaisir à les assembler pour personnaliser au mieux son personnage selon les envies. Alors bien sûr, cela reste un système très hybride, Castlevania n’a pas la profondeur d’un véritable rpg, mais cet aspect a tout de même grandement contribué au succès de cet opus. La preuve en est aujourd’hui, puisque tous les opus lui succédant ont reprit la même formule, Dawn Of Sorrow et Portrait of Ruin pour les plus récents.

On l’aura compris, le gameplay de SOTN est donc parfaitement calibré, mélange d’affrontements vraiment dynamiques et d’exploration solitaire à la Super Metroid . Il jouit en plus d’une difficulté plutôt bien dosée, le titre est loin d’être insurmontable. Il faut dire que SOTN est un jeu qui appartient à la génération 32bits, on est loin donc des opus antérieurs de la saga qui proposaient un challenge beaucoup plus élevé. Un bon parti pour commencer donc, même si on est loin toutefois des productions actuelles, bien plus aisées. Pas un jeu élitiste, mais qui demande toutefois une certaine maîtrise.
Mais si SOTN a su se différencier à son époque, c’était aussi grâce à son aussi artistique léché. J’en parlais plus haut, mais il faut saluer le travail effectué sur le level-design et l’immersion. De ce côté-là, c’est peut-être le seul jeu du genre à talonner de près, si ce n’est à égaler le déjà maintes fois cité Super Metroid. Dans un registre tout à fait différent, SOTN impose son style gothique, son esthétique impeccable avec un chara-design de haute volée grâce à Ayami Kojima qui sévissait pour la première fois sur la série. Son travail, devenu culte, a malheureusement été abandonné récemment au profit d’un style plus shônen pour les opus DS. Ce style n’est pas sans rappeler le travail de Yoshitaka Amano (Final Fantasy ), si ce n’est que le style de Kojima est bien mieux retranscrit en 2D.

Car sur le plan technique aussi, SOTN est pleinement abouti. Les animations sont d’une fluidité exemplaire, les sprites superbement détaillés, l’impression « d’articulation » d’Alucard est très présente et très agréable. On a, pour les décors et effets, un mélange 2D/3D très convaincant et qui n’a surtout pas pris une ride. Pixellisé à l’époque, cette nouvelle mouture a subi un petit lifting avec un adoucissement du tout, très léger tout de même, du moins pas suffisant pour que l’on puisse parler d’un réel remake HD. D’autant plus que le jeu est proposé à un format 4/3 douteux, problématique pour ceux qui jouent en 16/9. Il sera toutefois possible de redimensionner le tout sans trop perdre en qualité et en finesse.
Enfin, il faudra souligner l’immense qualité des musiques, toujours dans dans un style gothique mais aussi très moderne avec de nombreuses pistes plus électriques, en passant par des chœurs… Bref, une vraie cohérence dans la bande son mais qui se permet quand même d’être très variée. Dommage que les doublages aient un peu mal vieilli, avec un style un peu surjoué typique de l’époque, certes adapté au style mais peut-être un peu vieillot.

Vous l’aurez donc compris, exception faite de Super Metroid qu’il égale sans peine, il n’y a guère mieux dans ce registre que Castlevania : Symphony Of The Night . Le jeu a apporté à la saga des éléments que tous les opus suivants reprirent. Considéré comme l’un des meilleurs Castlevania , c’est aussi un jeu d’action/aventure en 2D au gameplay parfaitement calibré, riche et complet, beau, artistiquement infaillible et servi par une bande-son de grande qualité. Dommage qu’il s’agisse dans ce cas de portages un peu faciles, puisque aucun ajout de contenu n’a été opéré, et le léger lifting visuel ne peut se targuer de porter la mention de « remake HD ». Un jeu qui l’aurait pourtant mérité, tant l’aspect visuel du titre est encore saisissant à l’heure actuelle.
A noter que Symphony of the night sera présent dans la compilation PSP Castlevania : The Dracula X Chronicles .
+ Un des tous meilleurs Castlevania
+ Le gameplay très riche
+ L’aspect RPG, complet
+ Le level-design de grande qualité
+ Visuellement toujours aussi agréable
+ Artistiquement très abouti
+ Ambiance gothico-romaine dans le ton, tout comme le scénario
+ Les musiques
- Les voix qui ont un peu vieilli
- Un portage bête et méchant
- Parfois un peu rebutant pour les nouveaux joueurs, mais assez accessible pour les autres
Article écrit par Albion.