Il est 8 heures du matin, et sur les trottoirs de Paris, l'Homme aux cercles bleus a récidivé. Cette fois, il a tracé sur le sol un énorme cercle bleu à la craie, entourant une capsule de canette. Autour du cercle, l'énigmatique phrase « Victor, mauvais sors, que fais-tu dehors ? ». Cette étrange manie qui fait le bonheur des journalistes cacherait-elle plus qu'un simple divertissement ? C'est ce que vous apprendrez dans L'Homme aux cercles bleus , un roman policier de Fred Vargas.
Paris est un endroit rêvé pour un polar. Ses rues en enfilade et ses ruelles cohabitent en permanence avec les énormes boulevard et sont de fait un terrain de chasse parfait pour un assassin souhaitant rester discret. C'est certainement ce que pensait l'Homme aux cercles bleus lorsqu'il a commencé à dessiner sur le sol ces cercles entourant des objets de la vie de tous les jours laissés à l'abandon sur les trottoirs de la capitale. Mais c'était sans compter sur le commissaire Jean-Baptiste Adamsberg, tout droit venu des Pyrénées pour reprendre la direction du commissariat du 5ème arrondissement.
Adamsberg est un homme petit, ni vraiment beau, ni vraiment moche, mais surtout très énigmatique pour ses collègues. Sans réelle méthode d'investigation, le commissaire est un homme lent, souvent absent, occupé à dessiner des feuilles d'arbres sans rien dire. Il ne peut la plupart du temps expliquer ses raisonnements, de peur que les remarques de ses collègues ne troublent sa propre pensée, ou que ses instincts soient brouillés. Cette méthode de travail pour le moins inhabituelle a pour effet de troubler ses collègues, et en particulier l'adjoint Adrien Danglard, inspecteur méthodique et appliqué malgré une forte tendance à abuser du vin blanc. Une équipe inhabituelle pour une affaire troublante, voilà ce qui nous est présenté dans L'Homme aux cercles bleus .
Fred Vargas est le pseudonyme de Frédérique Audoin-Rouzeau, chercheuse en archéologie spécialisée particulièrement dans l'étude du moyen-âge mais surtout connue pour ses nombreux romans policiers (16 à ce jour), dont le dernier « Dans les bois éternels », est sorti en 2006. Ses romans policiers prennent le contre-pied des romans noirs que l'on a l'habitude de voir sur les étalages des libraires, en ne présentant que peu d'action et de sexe, et en décrivant les scènes toujours avec un regard léger. Réaliste sans tomber dans le glauque, Fred Vargas sait nous emmener au fil d'intrigues complexes et nous attacher à ses personnages sans toutefois nous mettre mal à l'aise.
Je n'aime pas les romans policiers. En dehors des écrits de Didier Daeninckx et le Poulpe , impossible d'en lire plus de quelques pages sans m'ennuyer. Pourtant, lorsqu'une amie vous offre des livres, il faut bien se lancer, ne serais-ce qu'essayer. C'est alors que L'Homme aux cercles bleus m'a attrapé, et ne m'a plus laché. Extrêmement prenant, ce roman de quelques 200 pages se dévore rapidement car une fois qu'on en a pris une bouchée, on ne peut plus s'arrêter. Les personnages sont attachants et mystérieux, l'intrigue complexe et bien menée, bref, tout ce qu'il faut pour un bon roman policier. Les amateurs de romans noirs et de scénarios plus « trash » seront probablement déçus par l'écriture légère de Fred Vargas, mais les autres peuvent s'y lancer !
L'Homme aux cercles bleus , de Fred Vargas. Moins d'un euro d'occasion, 5,32 euros neuf.