Saviez-vous que les lacs et les rivières furent créés des gouttes d’eau volées par Corbeau ? Pourriez-vous dire pourquoi les femmes ont leurs lunes ? Non ? Alors ce livre est pour vous !
La civilisation amérindienne est, pour la plupart des occidentaux, un grand mystère. Ainsi, on sait bien mieux quelle a été l’Odyssée d’Ulysse que le chemin qu’a parcouru Corbeau pour créer le monde. Ces civilisations victimes d’un génocide sans précédent ont pourtant réussi à transmettre par voie orale leurs légendes, leurs mythes, les fondements de leur société. C’est pour coucher ces contes sur le papier que des livres comme « Et Coyote créa le monde » existent.
« Et Coyote créa le monde : mythes et légendes des indiens d’Amérique du Nord » est le second tome d’une série de recueils de légendes amérindiennes initiée par « L’Oiseau tonnerre et autres histoires » . Là encore, il s’agit d’un assemblage de textes recueillis par Richard Erdoes et Alfonso Ortiz, la plupart du temps directement auprès des tribus amérindiennes.

Tout au long des 360 pages du recueil, les auteurs nous promènent de tribu en tribu, de culture en culture, à la découverte de ces étranges dieux amérindiens que sont Coyote, Corbeau, Iktomi, Veeho, Lapin, Nanabozho et bien d’autres. Tous ces dieux appartiennent à différents cultes et à différentes populations de l’Amérique, mais ils ont une chose en commun : ce sont des Décepteurs, ces dieux à la fois Créateurs et Destructeurs, tous puissants et voleurs, menteurs, fourbes, et fainéants qui, après avoir créé le monde, s’amusent à jouer des mauvais tours à tous les êtres vivants.
On découvre ainsi avec amusement que si les femmes ont leurs « lunes », c’est parce que la grand-mère de Veeho faisait l’amour avec Ours lorsque son petit-fils était à la chasse, que les femmes ont gagné la direction du monde lors de la négociation entre Homme-Coyote et Femme-Coyote, qu’un bébé est le plus terrible des monstres, et bien d’autres choses merveilleuses encore…
« Et Coyote créa le monde » est un recueil de contes très courts donnant une explication du monde, de sa création et de certaines tâches quotidiennes qu’on n’a plus l’occasion de questionner. Variés, simples, ces mythes peuvent très bien remplacer les histoires de princesse au chevet des enfants, si on fait abstraction de ceux décrivant les frasques sexuelles des décepteurs.
Pour qui s’intéresse à la culture amérindienne, ce voyage dans la création du monde indien sera un émerveillement. Pour les autres, il n’est besoin que d’un tout petit peu d’ouverture d’esprit pour se laisser emporter loin, là-bas, au pays de Mère Maïs et de Grand Père Tabac, dans ce grand ouest qui, rappelons-le, existait bien avant l’arrivée des cow-boys.