La troisième guerre mondiale opposant le bloc Paris-Moscou-Pékin à la coalition Indo-arabo-américaine a mis la Terre à feu et à sang, rendant stériles des territoires jadis fertiles et empoisonnant les réserves d'eau en même temps que l'esprit des hommes. C'est glauque ? Oui. Bienvenue dans l'univers des Derniers Hommes...
Les derniers hommes est un livre d'anticipation post-apocalyptique de Pierre Bordage. Du haut de ses 670 pages, l'ouvrage nous décrit un univers noir et désespéré où la moindre lueur d'espoir peut se transformer en un piège mortel.

Pierre Bordage est un auteur français à la prose prolifique (plus de 36 livres à son actif) ayant reçu de nombreux prix, dont le Prix Cosmos 2000, et le Prix Paul Féval décerné par la Société des Gens de Lettres. Connu pour ses cycles composés de deux à cinq tomes, il ne cache pas l'influence qu'ont les écrits religieux sur ses propres livres et décrit avec plus ou moins de brio et d'espoir l'avenir du monde des hommes à travers ses pages...
A la fin de la Troisième Guerre Mondiale, la Terre n'est plus qu'un immense désert stérile sur lequel une poignée d'hommes, devenus nomades par nécessité, tentent vainement de survivre en attendant un Eden qui ne viendra jamais. Solman le Boîteux fait partie de la tribu des Aquariotes qui détient les codes secrets permettant l'accès aux dernières réserves d'eau potable de la planète. Mais surtout, Solman est un Donneur, un Clairvoyant, il a le pouvoir de déceler la vérité et le mensonge dans les propos des personnes qu'il rencontre. Ce pouvoir lui donne de grandes responsabilités, et l'entraînera à traverser l'Europe à la tête de son peuple en quête d'un échappatoire à l'extermination minutieuse des derniers hommes...
Aaahhh... enfin du post-apocalyptique ! Ce genre, adulé sur nos écrans d'ordinateur, n'est finalement pas très présent dans la littérature, et nous sommes bien heureux de le retrouver ici. Les derniers hommes est un roman de science-fiction bien écrit, avec un scénario à la limite entre la science et le mysticisme qui plaira aux aficionados de complots religieux et de mystères divins. Toutefois, comme souvent chez Bordage, on regrettera que la trame soit organisée de manière très redondante et que l'histoire s'éternise un peu plus qu'elle n'aurait du. Bref, c'est un livre de 670 pages qui aurait gagné à n'en faire que 500. Une erreur et des longueurs qui l'éloignent de l'excellence tout en le gardant à un niveau acceptable.