Le voilà, il est là, l’album longtemps attendu d’Insane Clown Posse . Sorti le 20 mars dernier, The Tempest est le premier album d’Insane Clown Posse depuis que la grande légende des six Joker Cards est terminée. Les clowns du « horrorcore » ont-ils su sortir de leur légende sans se casser la figure ? La réponse dans l’article…
Pour ceux qui auraient raté l'introduction sur ICP, le cours de rattrapage se passe ici. Une traduction rapide des citations en anglais peut être retrouvée à la fin de l'article.
The Tempest est le douzième album d’Insane Clown Posse (sans compter les remix, les EP et les contributions dans de nombreux autres albums de la Juggalo Family). Précédée de l’EP « The Calm » qui annonçait un album changeant légèrement la direction prise par le duo, la tempête d’ICP était extrêmement attendue par tous les fans qui se demandaient ce qu’allait devenir leur groupe préféré suite à la fin de la saga des Joker Cards.

Originellement prévu pour une sortie en 2006, l’album a été reporté jusqu’à fin mars 2007. Pour la production, les clowns ont travaillé, comme souvent, avec l’un des producteurs favoris de l’underground américain : Mike E. Clark. The Tempest est un album de 16 pistes pour un total d’environ 60 minutes de musique. Maintenant que nous avons fait le tour des spécificités techniques, passons à la musique…
L’album s’ouvre par la piste « The sky is falling » mettant tout de suite l’auditeur dans l’ambiance : la Tempête est présentée comme une catastrophe naturelle qui retournera le monde. Véritable intro comme savaient déjà le faire les deux comparses d’ICP dans les six Joker Cards, « The sky is falling » met dans l’ambiance et annonce le reste : « The sky is falling, this shit’s gonna be fun… »(1) . Dans la seconde piste « Ride the Tempest », le secret est dévoilé : la Tempête est en réalité une espèce d’énorme montagne russe : « Dare to go for a spin, on world’s most horrificly fabulous ride : The Tempest ! The fastest, highest, steepest, and tallest coaster ride ever to exist on this or any other planet ! »(2).Ainsi sont réunis les deux mondes d’ICP: l’horreur de la catastrophe naturelle dans le fun de la fête foraine…
Alternant les pistes dynamiques et rapides et les chansons plus noires et calmes dans lesquelles la voix basse de Violent J peut s’exprimer à la mesure de tout son potentiel, The Tempest est un album travaillé. La grosse différence que l’on peut remarquer par rapport aux précédents opus du duo est la grande présence des instrumentaux et du « beat » tout au long des chansons. Finies les chansons au « beat » minimaliste où tout était fait par les voix des deux chanteurs, The Tempest donne la part belle aux instruments et aux accompagnements électroniques.
Le groupe renoue même en quelque sorte avec le métal que l’on semblait avoir légèrement oublié depuis le grandiose Piggy Pie sur l'album The Great Milenko . Les pistes violentes au rythme agressif que sont « What about now ? » et « Watch my ride » donnent aux clowns l’occasion d’exprimer leur colère et de répondre à leurs détracteurs, qui craignaient qu’ICP devienne mou après plus de quinze ans dans le rap underground. Taquins et indépendants jusqu’au bout, Violent Jay et Shaggy 2 Dope se paient même le luxe d’attaquer leurs concurrents de la musique plus commerciale : « I remember punk-rock when it wasn’t for sale, and death metal scarin people straight to hell »(3), « I was at the first woodstock, backstage I smoked a joint and dropped acid with jimmie page, I can’t believe it’s all over somehow, I only ask you: What the fuck is happening now ? »(4).
Reprenant le principe des sagas compilé en un seul épisode, The Tempest se termine par une véritable piste-conclusion commençant doucement sur fond de piano et terminant avec un grand chœur, rappelant la chanson The Unveiling qui concluait la saga des Joker Cards : « If I was a serial killer ».
Conclusion
La peur était présente, la tension était à son comble chez les fans : les clowns de l’underground avaient placé la barre très haut après le double album The Wraith , allaient-ils pouvoir faire aussi bien et continuer ? La réponse est : Oui. Après plus de quinze ans de présence dans les bacs, Insane Clown Posse continue de faire preuve d’un talent indéniable et nous livre un album très travaillé et évoluant encore, sans toutefois sortir du créneau du rap horrifique underground qui fait la particularité de la Juggalo Family. Un nouveau départ pour le groupe qui annonce encore de belles années de wicked shit, à commencer par l’EP « The Eye of the Storm » à sortir courant 2007.
Traductions non exhaustives: