Le pitch de 300 est assez rapide à résumer. Adaptation à l'écran de l'oeuvre éponyme de Franck Miller (Sin City, Batman DK, etc.), le film se situe dans l'antiquité grecque et raconte une version romancée de l'histoire de la bataille des Thermopyles. Alors que les armées perses de l'Empereur-Dieu Xerxès s'apprêtent à envahir la Grèce, la Cité-Etat de Sparte, avec à sa tête le roi Léonidas, fait front en envoyant 300 de ses meilleurs soldats à la rencontre des Perses, pourtant largement supérieurs en nombre.

Première réflexion qui sautera aux yeux des spectateurs dès les premières minutes du film: 300 est un film d'homme qui sent bon la testostérone et les muscles huilés. Tout au long de la projection, des hommes qui ne cachent leur nudité que par une longue cape rouge et un léger slip en cuir, combattent et hurlent en faisant resplendir au soleil leurs muscles saillants. 300 est un film de guerre, voire, pourrait-on dire, un film de batailles. C'est sur ces dernières que la réalisation a mis l'accent, et cela se voit. Le rendu à l'écran est impressionnant, rapide, violent, sanglant, mais toujours presque artistique, très bien orchestré. La réalisation et le montage ont réussi à rendre à l'écran la supériorité technique de ces 300 guerriers sur les hordes perses, et heureusement car, disons le tout de suite : on ne va pas voir 300 pour son scénario. Réduits à leur plus simple expression, les évènements hors-bataille ne sont là que pour accentuer les combats et donnent l'impression de n'avoir aucune influence sur le déroulement du combat.

La photo, quand à elle, est une petite merveille, et donne au film ce côté irréel et mythologique. Très différent de celui de Sin City, autre adaptation d'une oeuvre de Frank Miller, le traitement de l'image de 300 joue sur l'exacerbation des couleurs, et si le soleil ne semble jamais briller, les personnages acquièrent ainsi une aura de puissance impressionnante. Leurs capes pourpres volent au vent, éclatantes, tandis que les combattants répandent sur la plaine le sang sombre de leurs ennemis, les champs de blés semblent d'or tandis que la reine s'avance au milieu, et le ciel parait bien gris comparé aux yeux du roi Léonidas.
On regrettera l'apparition des monstres dans l'armée de Xerxès, qui donne l'impression que Zack Snyder a tenté de concurrencer le Seigneur des Anneaux malgré une adaptation qui ne s'y prête pas forcément. Le clou restant le très étrange personnage de Xercès lui-même, très étrange, dont je vous laisse la surprise. Je me permet juste dire que la moitié des 300 personnes présentes devant l'écran géant du cinéma ont éclaté de rire lorsque le Roi-Dieu a dit à son ennemi « Ce n'est pas de mon fouet qu'ils ont peur... » Mmmm... Vous comprendrez.
En conclusion, 300 est à mon sens de ces films qui, sans être transcendants, vous font passer un bon moment, tout en n'évitant pas des haussements de sourcils intermittents à l'apparition de certaines scènes inutiles ou de répliques mal placées ou mal jouées. Passé la surprise face à la surcharge de testostérone et de sang, on se prend à intégrer et apprécier ces guerriers qui se sont élevés, seuls contre tous, avec pour seule alliée leur habileté au combat. 300 n'est pas un film pour enfants. 300 n'est pas un film intellectuel. 300 est un film de guerre, un film de combat racontant l'histoire de combattants d'élite qui ont fait face à une armée monstrueuse avec pour protection leur seul courage. 300 est un film de sang, romançant un épisode important de l'histoire hellénique antique, et si vous aimez les combats, alors foncez.