Né à Londres en 1948, David Gemmell a commencé sa carrière dans l'écriture en tant que journaliste pour le Daily Mail, le Daily Mirror et le Daily Express . Son premier roman, Légende , publié en 1984, est toujours considéré comme l'un des grands classiques de la fantasy. Il est surtout connu de par le monde pour le Cycle de Drenaï et Le Lion de Macédoine qui ne sont que deux cycles parmi les quelques trente-quatre livres qui ont été publiés en Angleterre. David Gemmell est mort en juillet 2006.
Dernier roman du Cycle de Drenaï , Les Guerriers de l'Hiver décrit les destins croisés de personnages rassemblés par une quête dont dépend la survie de la race humaine. Le livre s'ouvre sur le début des aventures de trois personnages qui seront le fil conducteur de l'histoire: Nogusta l'épéiste, Kebra l'archer et Bison la brute, tous trois soldats âgés, remerciés pour leurs bons et loyaux services et renvoyés chez eux. Mais c'était sans compter sur l'opiniâtreté du destin à s'acharner sur le monde qui, aussitôt sorti d'une guerre sanglante, replonge dans une autre non moins terrible ...
A première vue Les Guerriers de l'Hiver a tout d'un roman d'heroic fantasy classique: des personnages charismatiques, de la magie, une prophétie, une reine, des combats et des méchants démoniaques. Cette constante se retrouve dans tout le livre, mais c'était sans compter sur le talent de David Gemmell pour altérer ces concepts vus des centaines de fois: bien que charismatiques, les héros sont âgés et se différencient par leurs expériences et leur caractère. La prophétie n'est pas dirigiste et se laisse aisément oublier. Quant à la magie, bien qu'utilisée à outrance, elle se justifie car elle est au coeur de l'intrigue. Du point de vue de l'écriture, David Gemmell a voulu son roman accessible et les textes sont fluides, lisibles et ils s'enchaînent sans aucun problème. Toutefois, le niveau de langage est parfois cru, ce qui en fait un livre à ne pas destiner aux plus jeunes, malgré sa facilité d'accès. En conclusion, tous ces éléments si classiques qui pourraient rebuter le lecteur sont retournés et déformés dès la seconde moitié du livre, quand les discussions entre les personnages se mettent à aborder des sujets plus profonds. Je saluerai enfin la performance de l'auteur qui pose une question peu abordée dans les romans de ce type: pourquoi les humains devraient-ils survivre plus que les autres races ?