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Rocky VI

Rah les années 80 ! Leurs synthés, leurs coupes de cheveux, leurs vestes fluos, leurs voitures anguleuses, et leurs films d'action ! Siègeant au panthéon des poids lourds du cinéma américain de cette époque, qui sentait bon l'insousciance et le gasoil pas cher, on trouve la série des Rocky. Même si certains opus sont assez inégaux et si certains se sont embourbés dans des concepts allant du cliché ultra-connu (le coup du successeur dans le V) au presque ridiculement engagé (olol URSS dans le IV), la série a toujours gardé ce goût qui lui est si propre. Aujourd'hui, dans un monde qui a bien changé, Rocky tente de se faire une place afin de mettre un point final honorable à la saga. Venez donc assister à l'ultime combat de l'étalon italien.

Avant d'avoir vent de ce sixième volet, la série des Rocky avait pour moi un défaut immense : sa fin. J'avais détesté le cinquième Rocky dans son ensemble. Même s'il comporte des passages importants et trouve maintenant sa place dans la série grâce à son apport au background de la série, il m'avait tout de même fait l'effet d'une fin ratée.

C'est donc avec un vif espoir que j'avais accueilli la nouvelle d'un Rocky VI, celui d'avoir enfin un épilogue digne de ce nom.

Synopsis :

Rocky VI nous présente un Rocky sur le retour, vieillissant mais toujours passionné. Relativement indemne socialement après les déboires qu'il a connus dans Rocky V, l'étalon italien se meurt pourtant moralement. Le décès de sa femme l'a plongé dans un abîme de tristesse et son deuil ne semble pas avoir de fin, sa relation avec son fils est on ne peut plus limitée et il ne lui reste guère que Paulie et son restaurant pour univers. Pourtant, un soir, un magazine sportif télévisé crée une simulation virtuelle d'un combat entre Rocky et le nouveau champion du monde des poids lourds, conspué par tout le monde pour avoir tué la compétition du fait de sa suprématie. A l'issue de ce cyber-duel, c'est Rocky qui gagne et le jeune champion, vexé, en quête de reconnaissance, accepte un match de gala contre cette légende du noble art. Rocky quant à lui accepte à son tour afin de renouer avec sa passion et prouver au monde que rien n'est impossible ...

Ce sixième opus est un retour aux sources réussi à bien des égards. La boxe y est à nouveau la vitrine, le prétexte et la métaphore du personnage principal, non plus le thème central comme elle l'était devenue. Notre boxeur, passionné, naïf, est attendrissant de volonté et de douceur. Comme d'habitude on pourra lui reprocher ses raisonnements simplistes, le traiter d'abruti. Toujours est-il que Rocky est redevenu ce rêveur en qui personne ne croit mais dont on admire la ténacité. On notera de nombreux clin d'oeil aux premiers volets, des lieux connus, des personnages déjà croisés.

Sylvester Stallone renoue donc avec un personnage qu'il connait, qu'il maîtrise et il est donc très crédible. C'est presque un ami de la famille qu'on retrouve. De même pour son beau-frère bedonnant Paulie et son fichu caractère.

Côté réalisation, Stallone filme comme Rocky boxe : efficace. Pas d'effet prétentieux, pas de cadrage innovant, le découpage est scolaire mais rempli admirablement son office. C'en est même reposant de voir un film sans chichi, de voir une réalisation dont le seul but est de se mettre à la disposition de la narration. Reste le combat de la fin qui pêche un peu. Bien sûr, vu l'âge de Balboa, on n'aurait pas demandé un combat comme face à Lungren, mais certains points comme la ténacité de l'italo-américain, comme la durée du combat, sont un peu laissés en route.

On pourra également reprocher au film ses longueurs du début mais il faut néanmoins garder à l'esprit qu'elles sont là pour mettre en place une situation. Alors oui, c'est un peu longuet mais ça n'aurait certainement pas eu le même impact sur le spectateur s'il avait fallu remplir les quotas combat/histoire habituels de la série.

Au niveau de la bande sonore, on retrouve avec bonheur les voix originales et les musiques qui nous ont tous fait vibrer (la musique d'entraînement peut motiver même le plus geek d'entre nous à aller faire un footing ^^).

Ce sixième et dernier Rocky nous sert donc une fin malgré tout assez crédible, émouvante et surtout digne de la série et de son impact sur une génération toute entière. Le film est presque inutile si l'on n'est pas familier de la saga mais constitue un très bon point final à un monument du cinéma .

Par Khorram.
Publié le 2007-02-10 16:31:41

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