Avec Denzel Washington, Val Kilmer, Jim Caviezel...
Derrière ce thriller mâtiné de science-fiction, Tony Scott nous a livré le premier film post-Katrina.
Après un attentat à la bombe sur un ferry et la découverte du corps d'une jeune femme (Paula Patton), Doug Carlin (Denzel Washington), agent de l'ATF est recruté par Andrew Pryzwarra (Val Kilmer) pour rejoindre une unité disposant d'une technologie avancé. Une technologie qui permettra peut-être d'empêcher l'explosion et le meurtre.
Loin du trip sous acides de Domino, son précédent film, Tony Scott nous revient un peu plus sage. Moins de filtres jaunes, de sous-titres qui changent de tailles, et de NicolasCage-cam (Procédé de cadrage ou la caméra regarde un peu partout en un seul plan. Comme les yeux de l'acteur quand il joue un dingue). Mais moins ne veut pas dire pas du tout.
On a donc droit à une première partie sobre, presque posé. Mais là ou est le talent de Tony Scott c'est qu'il est loin de faire ça gratuitement. Le film qui démarre d'abord comme une enquête banale glisse peu à peu vers la Sci-fi. Pour illustrer la partie Thriller, proche du quotidien, il joue la carte de la modération. Peu ou pas d'effets, des longs plans (Loin d'être là par hasard), une musique discrète. L'observation est de mise. D'abord pour le téléspectateur qui ne sait pas dans quoi il embarque, mais aussi pour les personnages qui passe une bonne partie du film à regarder la jeune femme qui se fera assassiner.
Dans cette fenêtre de surveillance ou il est possible de se déplacer partout dans une zone donnée, Tony Scott s'en donne à coeur joie. Changement en permanence des angles de caméras. Ça tourne, ça se renverse, ça traverse les murs. C'en devient presque une danse.
Le deuxième genre fait donc son apparition. La science-fiction et les paradoxes temporels prennent la place de l'enquête. La réalisation devient donc un peu plus excentrique. Comme par exemple cette scène ou Denzel Washington poursuit une voiture du passé dans le présent... Euh... Oui enfin c'est comme tout film sur les voyages dans le temps. Vous passez pour un débile dans les explications tant que les gens ne l'ont pas vu.
La difficulté des films sur ce sujet est la cohérence et la théorisation à tout va sur ce genre de sous-intrigue. L'effet de Déjà Vu de Doug Carlin est-il bien présent? La encore tout est question d'hypothèses. Les actions d'un Doug se répercutent-elles sur un de ses doubles, laissant donc un souvenir vague d'acte commis dans un paradoxes temporel? C'est ce qu'essaye de faire comprendre Tony Scott.
Plus discret, le coté politique du métrage. Très critique envers le gouvernement et son organisation après l'ouragan Katrina. Comme on peut le voir au début du film, les personnages observent le futur meurtre, mais sans réagir, sans vouloir changer les choses. Il est visible que Tony Scott a voulu par là représenter l'immobilisme et la lenteur de l'administration alors que la Nouvelle-Orléans était submergée. On le comprend d'autant mieux quand le film est dédicacée à la population qui a subi la catastrophe.
Tony Scott, contrairement à son frère, est comme du bon vin. Plus Ça vieilli mieux c'est. Il a trouvé son style après des années d'expérimentations et ouvre plus ou moins les vannes suivant le projet. Il reste donc un thriller sympathique qui se laisse suivre agréablement.