Fever est un manhwa qui porte bien son nom, et nous fait découvrir la fièvre qui prend certains adolescents, les difficultés qu'ils peuvent traverser, et les sentiments extrêmes qui les agitent...
C’est un dans un univers très réaliste que nous entraîne Park Hee Jung, l’auteur de Fever. Ce manhwa, édité par Paquet eds, sort des sentiers battus, et plutôt que d’explorer la quête des sentiments amoureux comme dans bon nombre de shoujos, il décrit comment ses héros parviennent à surmonter les problèmes qu’ils rencontrent.

Ji Jun et Ah Lip Lee
Tout commence avec Hyeong Hin Kim, jeune lycéenne à priori tout ce qu’il y a de plus banale. Néanmoins, dès les premières pages, son malaise est décrit de manière très forte, et se concentre sur le clash qui existe entre elle et son entourage (que ce soit au lycée ou chez elle). Pour donner un exemple plus concret, elle ne se sent qu’un numéro parmi les autres étudiantes, avec qui elle ne s’entend par ailleurs pas très bien. Lorsque l’histoire démarre, Boo Ram Yang, la seule fille qu’elle considérait comme une proche, vient de partir, poussée à bout par les autres qui ne cessent de la tourmenter. Kim se sent alors non seulement très seule, mais culpabilise énormément car elle n’a jamais rien fait pour défendre son amie, tout en profitant largement de sa gentillesse. Excédée, elle finit par attaquer une de ses camarades de classe, ce qui lui vaut d’être leur nouvelle tête de turc. C’est alors qu’elle est au plus mal qu’elle fait la rencontre de Kang De Ko, un garçon de son âge qui va la transporter dans son monde. Apprenti manhwaga (auteur de manhwas, l’équivalent coréen des mangaka), il vit avec d’autres adolescents sous la surveillance d’un adulte. Tous ces jeunes ont un point commun : ils ne se sont pas adaptés dans leur environnement de départ, et se sont retrouvés rassemblés là un peu au gré du hasard. Que ce soit par un comportement violent ou anti-social, ou tout simplement à cause de problèmes avec leur entourage, ils ont chacun suivi un parcours original avant d'atterrir là, tout comme Kim.
Park Hee Jung nous fait ainsi découvrir leur vie respective, comment ces personnalités si différentes peuvent se lier d’amitié, ainsi que les difficultés qu’ils vont rencontrer (cela va de la simple bagarre à la mort de certains protagonistes). Bien que les relations amoureuses y soient évoquées (plus avec certains personnages qu’avec d’autres d’ailleurs), ce n’est pas le sujet central de ce manhwa. L’idée générale est plus de voir comment ces adolescents, qui ont du mal à se retrouver dans le monde d’aujourd’hui, arrivent à s’en sortir. Le changement le plus radical est très certainement celui de Kim, qui, de presque suicidaire, devient une jeune fille remplie d'entrain qui apprécie la vie pour ce qu’elle est à la fin de la série.
Au niveau des graphismes, il n’y a pas de doutes, il s’agit bien là d’un très beau manhwa, avec ce style propre aux dessins coréens. Les protagonistes sont plus ou moins attachants, chacun à leur manière, et ont des caractères très distincts les uns des autres. Le gros défaut est probablement que, si l’on n’arrive pas à aimer tous les personnages, lire les chapitres qui leur sont consacrés peut devenir alors plus indigeste, car l’auteur aime approfondir le passé et les relations que tous nouent entre eux. Mais Fever reste un très bon manhwa, assez original dans son approche, agréable à lire, avec une vision de la Corée moderne très réaliste.