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Divers JOL

Children of Men d'Alfonso Cuaron

Avec Clive Owen, Julianne Moore, Michael Caine...
Noir c'est noir, y a plus d'espoir... A moins que...

Owen et mooreAvant de commencer cette critique, qui sera dithyrambique (tout est dit, vous pouvez passer directement à la vision du film), je tiens à remercier le cinéma Opéra de Lyon pour avoir récupéré une bobine en V.O du métrage. Merci à toi Monsieur Opéra ou quel que soit ton nom.

2027. L'annonce fait grand bruit. L'homme le plus jeune du monde vient de mourir. Il n'avait que 18 ans. C'est par ce genre de procédé que l'univers est distillé à chaque instant, à travers différents médias plus ou moins mis en avant (télé, papier, audio que l'on voit à l'arrière-plan) ou par l'intermédiaire de publicités cyniques et pessimistes à l'image de l'humanité stérile (comme cette publicité pour le pack suicide). Dix-huit ans sans une seule naissance, ça change un monde et Theodore Faron (Clive Owen) est à son image : cynique et sans aucun idéal. Comment en avoir alors qu'il n'y a aucune possibilité de futur? Pour un ancien amour, il va se retrouver à escorter une jeune clandestine enceinte jusqu'à un mystérieux bateau.

Comme pour un buddy-movie, Cuaron met en relation deux personnages complètement antagonistes. D'un coté, Faron, ravagé par une histoire personnelle et par un monde qu'il affronte tous les jours, et de l'autre, la jeune Kee ( Claire-Hope Ashitey... quel prénom délicieusement idéal), qui, comme elle le sous-entend en blaguant, est vierge. Vierge de tout, pure, détachée d'un monde en ruine qui résiste par l'absurde, comme dans cette scène où l'on découvre un endroit sur-protégé qui recueille des oeuvres d'art.

texte si l'image ne s'affiche pasCeux qui ont aimé Half-Life 2 vont être ravis. Cette sensation d'être surveillé en permanence, les affiches et tags revendicatifs, les razzias chez les habitants, l'omniprésence de l'armée, la saleté, cette ambiance poisseuse presque palpable. On est bien dans un monde où le chacun pour soi est de rigueur. La réalisation y est pour beaucoup. Jamais fixe, toujours à l'épaule, elle suit Owen dans tous ses déplacements. Elle est même un personnage à part entière. Elle se cache, jette un coup d'oeil rapide, se déplace plus ou moins vite suivant le danger. Elle reçoit même du sang sur le cadre. Pour accentuer cet effet de personnalisation, Cuaron nous gratifie de longs et impressionnants plans-séquence. Comme celui en pleine guérilla urbaine. Tirs, explosions, foules qui se déplacent. Quand on sait tout ce que cela implique comme organisation, on ne peut être que soufflé par tant de maîtrise, tout en voyant bien que ce n'est pas un effet gratuit tape à l'oeil.

Film aux accents bibliques, le spectateur est lui-même touché et pris à parti par le scénario. Comment rester de marbre devant Kee et son bébé ? On est comme tous ces gens. Bouche bée devant ce miracle. Une bulle d'espoir qui passe sans éclater à travers les aiguilles de l'affliction (la classe, hein?).

Malgré une musique un peu envahissante par moment, le film collectionne les qualités. Une claque technique et une baffe artistique à chaque instant. Dommage que la distribution a été aussi réduite. On attendra le DVD avec impatience en espérant une tonne de bonus.

Par kariboubou.
Publié le 2006-12-21 13:08:40

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