13 vies, Human crossing ou encore Human scramble, sous ces trois noms une série produite en 2003 par le studio A.C.G.T. basé sur le manga de Masao Yajima et Kenshi Hirokane. Ces deux réalisateurs nous proposent ici treize petites tranches de vie, illustrant des problèmes auxquels nous pourrions être confrontés ici et là tout les jours.
13 vies est une oeuvre rare, adaptée d’un manga qui a vu la collaboration d’un scénariste et d’un dessinateur (là où la plupart des mangas ne sont généralement faits que par une seule personne avec ou sans l’aide d’assistants) et, suite logique, ce sont donc deux réalisateurs différents qui ont collaboré pour réaliser la série.
Mais le processus de création de cette série n’est pas sa seule originalité: 13 vies pourrait être comparé à un recueil de courts métrages basés sur le train-train quotidien.
A chaque épisode, nous allons découvrir un nouveau personnage et un nouveau conflit. Par exemple dans le deuxième épisode, La 25ème heure, un jeune avocat fraîchement sorti de ses études cherche à comprendre quelle est la finalité de la loi et qui elle doit protéger. Alors que son beau père lui envoie un ultimatum, notre personnage se voit acculé. Une jeune femme va demander l'aide de notre héros, ce qui va donner l’occasion à notre protagoniste de trouver sa réponse. Se terminant toujours sur une note positive, cette série cherche à être plus ou moins moralisatrice: «il y a toujours de l’espoir, même quand une situation est désespérée» , tel pourrait être son message.
La ligne des eaux le dernier épisode, nous confronte justement à ce cas de figure avec le procès d’une jeune femme qui a tué son mari, particulièrement violent, cet épisode est la meilleure illustration de cette morale. A noter que plusieurs épisodes ont pour thème la justice (dans Message Blanc ou encore La pluie du professeur) mais fort heureusement, tous les autres épisodes se situent dans un cadre plus normal: dans une école ou tout simplement à la maison.
Il y a cependant deux points regrettables à noter à propos de 13 vies: son inconsistance tout d’abord au niveau du graphisme, avec certaines scènes mal dessinées. On s’en rend compte davantage lors des premiers épisodes, après quoi nous passons outre ce point, notre attention se portant davantage sur l’histoire.
L’autre point qui est en revanche entièrement discutable porterait sur certaines histoires qui pourront éventuellement moins intéresser le spectateur : dans l’épisode 10 intitulé Ville qui se passe à Paris, je n’ai vraiment pas su m’attacher aux deux protagonistes.
Le même reproche vaut pour le cinquième épisode, Une cigale en hiver, à quoi s'ajoute une histoire très soporifique.
J’ai nettement préféré Le placard ou La ligne des eaux pour leur ton plus adulte, ainsi qu’une narration plus rapide et une moins grande quantité de plans fixes, mais ce sera à vous de vous faire une opinion.
Au final, je ne pourrai que conseiller 13 vies à ceux qui recherchent une série qui sort de l’ordinaire. Treize petites histoires sur la vie au Japon (ou ailleurs, puisque contrairement à ce que l’édition française nous annonce, les histoires rentrent parfaitement dans le cadre du quotidien de chaque pays) qui nous rappellent que nous vivons dans un monde moche où tout le monde a droit à son lot d’ennuis, mais qu’il existe toujours une solution.
Cependant, cette série s’adresse à un public adulte, à cause notamment d’une violence morale très présente lors de certains épisodes, des thèmes peu parlants pour un adolescent (la liberté de la presse par exemple), de sa narration très lente et ses nombreux plans fixes. Mais si vous parvenez à passer outre ces détails, alors vous passerez un excellent moment sur cette représentation de la société dans laquelle nous vivons.
Vous pourrez retrouver la série dans un coffret édité par Kaze à petit prix.