Depuis maintenant cinq ans au Japon, Kubo Tite nous emmène chaque semaine dans l’univers très particulier et spectaculaire de Bleach. Zoom sur un shonen très spécial…
Bleach, c’est désormais 24 volumes parus en cinq ans, et ce lundi est sorti le 252ème chapitre. Sérialisé par Weekly Shonen Jump, l’attrait du manga par les fans ne se dément pas. Mais quelle est donc cette sauce miracle que nous sert Kubo pour tenir les lecteurs en haleine ? Et qu’est donc Bleach ?

Kurosaki Ichigo
Bleach nous narre l’histoire de Kurosaki Ichigo, 15 ans au début du manga, qui possède depuis toujours un don un peu particulier, dû à sa très dense énergie spirituelle lui permettant de voir les fantômes. Dès le premier chapitre, il fait la connaissance de Kuchiki Rukia, une shinigami (les shinigamis sont des dieux de la mort au Japon), en habits traditionnels noirs, sur les traces d’un Hollow. Elle lui explique brièvement qu’un Hollow est une espèce de monstre se nourrissant des âmes, et que son travail principal, en tant que shinigami, est de les chasser. Elle est d’ailleurs étonnée par l’énergie spirituelle dégagée par Ichigo, qui obstrue complètement ses sens et l’empêche de savoir où se trouve exactement le Hollow en question. Rapidement, ils sont interrompus par ledit monstre qui s'attaquait à la famille d'Ichigo. Ce dernier devient alors furieux et tente de les protéger, se plaçant ainsi lui-même en péril, et obligeant Rukia à prendre un coup la mettant hors d’état de combattre. Et c’est ainsi qu’elle lui propose de lui « prêter » ses pouvoirs, afin de détruire le Hollow qui s'apprête à les tuer tous les deux. Kurosaki Ichigo devient ainsi, à 15 ans, un shinigami par intermittence.

Kuchiki Rukia
C’est comme cela que débutent les aventures d’Ichigo et Rukia, dont Kubo nous narre avec bonheur les péripéties, et comment leur lien évolue tout au long de la série. On vient à découvrir les personnages gravitant autour de chacun, ainsi que les nombreuses histoires qui les lient entre eux. On peut ainsi noter Inoue Orihime, la très mignonne fille de la classe amoureuse d’Ichigo, mais un peu tête-en-l’air, Sado Yasutora (dit Chad) le géant silencieux et meilleur ami du héros, Asano Keigo et Kojima Mizuiro, les deux amis et duo comique, Ishida Uryuu, l’éternel rival… et cela n’est qu’une infime partie de la pléthore de personnages que l’on vient à apprécier (ou à détester !) que le mangaka nous présente.
Comme dans tout shounen, on s’aperçoit plus ou moins que le héros est bien plus fort qu’un autre personnage, et que la vitesse à laquelle il croît est très supérieure à la normale. Alors, qu’est-ce qui distingue Bleach d’un autre shounen ? Tout d’abord son monde est très bien pensé, et les principaux personnages sont très bien développés. Ainsi, Kubo prend-il du temps pour réfléchir sur les noms de ses personnages, et son héros en fait souvent les frais (ichigo en japonais veut notamment dire… fraise… mais rassurez-vous, la véritable signification de son nom est « le protecteur »). On peut aussi parler de Rukia, qui est certainement l’une des héroïnes de shounen les plus aimées pour son caractère complexe, et dont l’incompréhension du monde moderne ne cesse d’amuser le lecteur. Qui plus est, l'auteur est un maître dans l’art de raconter son histoire, et met en scène des retournements de situation qui ont des allures de génie.
Enfin, ce shounen pourra plaire à de nombreuses filles pour une très simple raison : Kubo est un très grand fan de shoujo, et de nombreux panels sont incontestablement dessinés de façons à faire ressortir les sentiments (il l’avoue lui-même dans une interview, ainsi si vous voyez un fond tout blanc sur lequel sont posés deux personnages, c’est une des manières qu’il utilise pour focaliser l’attention sur les personnages uniquement). Qui plus est, même si c’est d’abord l’amitié qui prime, il est incontestable que le mangaka a fait évoluer les sentiments de ses personnages, leur donnant une importance singulière pour certains d’entre eux.
En ce qui concerne les dessins, ils ont énormément évolué au fil des cinq ans de Bleach, et Kubo a un style très particulier, qui est vraiment excellent. Si au début les visages sont anguleux, cela change petit à petit, les dessins de l'auteur devenant plus ronds avec le temps. Qui plus est, chaque personnage a son propre design (les visages ne se ressemblent pas tant que ça, c'est à noter), ce qui rend Bleach vraiment agréable à lire.
Le seul reproche qu’on puisse faire à ce manga, ce sont certains chapitres plus ennuyeux à lire que d’autres. Certains passages sont clairement plus longs, parce qu’il met en place la suite tout en donnant un tas d’indications importantes, mais il n’en reste pas moins que ce sont des chapitres de transition un peu lourds à digérer. Un dernier petit mot pour la traduction de Bleach en français, qui reprend tous les titres anglais de Kubo, ainsi que tous les mots tels que shinigami, hollow, et qui conserve également la façon qu’ont les japonais de s’appeler par leur nom de famille, excepté pour les gens très proches (chose qui a son importance dans Bleach puisque plusieurs références y sont faites par l’auteur même à travers les chapitres). Malheureusement, il y a aussi énormément de coquilles dans leurs traductions (les noms sont une fois bien traduits, et la fois d'après contiennent des erreurs, par exemple).