Fruits Basket (alias Furuba en japonais), dont le premier tome est sorti en 1999 au Japon et édité par le célèbre magasine pour filles « Hana to Yume » se présente au départ comme l’archétype même du shôjo, avec ses personnages androgynes et sa dose de pétales de cerisiers volant dans les airs. Mais qu’en est-il en réalité ?
C’est l’histoire de Tohru, lycéenne ayant perdu sa mère dans un accident de voiture quelques mois avant le début de l’histoire, se retrouve dans l'obligation de vivre dans une tente. Elle découvrira qu’elle est en fait installée sur le territoire de la famille Sôma, dont un des membres n’est autre que Yuki, un de ses camarades de classe et qui est surnommé « le prince » par les filles du lycée.
Surprise en « flagrant délit » d’utilisation du territoire, la jeune fille se voit proposer une place de maîtresse de maison dans la demeure de Shiguré,lui aussi un membre de la famille Sôma. Suite a un événement imprévu, elle se retrouve contrainte d'accepter la proposition. C’est ainsi qu’elle découvrira la malédiction de la famille Sôma : ses membres ont la particularité de se transformer en animaux du zodiaque Chinois au contact du sexe opposé !
Tohru devra donc vivre avec ce terrible secret. Mais le chef de la famille Sôma laissera-il une « étrangère » le connaître ?
Mais pourquoi « Fruits Basket »? Au delà de l’aspect un peu enfantin, innocent du titre, « une corbeille de fruits » est une représentation de la discrimination. En effet, le jeu de la corbeille de fruits dont l’héroïne a fait partie durant ses premières années d’école consiste à nommer chaque membre de la partie en un fruit. Le garçon qui nommait les autres, tour a tour, « Banane, Fraise, Cerise » appelait Tohru « boule de riz », et Tohru, étant vraiment très naïve, ne comprenait pas les moqueries que suscitaient son surnom. Ce n’est que bien plus tard qu’elle comprit la mesquinerie de ses anciens camarades de classe. Mais ce n’est pas la seule représentation discriminatoire, en effet, ce thème est beaucoup repris et il semble parfois critiquer la société Japonaise, que certains personnages de l’histoire jugent « formatée ».
L’œuvre de Natsuki Takaya, qui peut apparaître de prime abord comme une histoire légère se révélera beaucoup plus sombre au fil des volumes et au vu du passé des personnages, de leurs relations et de leurs souffrances. Sous le couvert d’une violence psychologique et même parfois physique (bien que toujours suggérée, ne vous attendez pas a voir couler les litres d’hémoglobine), on finit par souffrir avec les personnages…et même pour les moins chochottes d’entre vous, les larmes couleront sur vos joues à coup sur à un moment ou à un autre ;)
Le manga, initialement prévu en 22 volumes, s’est vu attribuer un 23ème volume il y a quelques semaines pour « rallonger » la fin et permettre la publication de « one shots » (histoires courtes sans rapport avec l’histoire principale) dans la version originale. Concernant la version française, le volume 19 est sorti le 23 septembre 2006 et le 20ème est prévu pour début 2007 par Delcourt. A propos de la traduction, un bon nombre de coquilles, fautes de traduction et autres omissions de suffixes ont été faites par Delcourt jusqu’au volume 13, et suite a un courrier de fans, ces fautes ont été corrigées.
Voici donc un très bon manga, que je recommande a tout les amateurs d’histoires tantôt tragiques tantôt complètement loufoques ; avec sa dose de personnages attachants. Accrochez vous, le début de l’histoire peut paraître complètement noyé dans les stéréotypes mais passés les 4 premiers volumes (voir avant), l’histoire devient vraiment prenante.
Note : une adaptation TV de la série a été réalisée en 2001, mais ne reprend que les 8 premiers volumes et n’a jamais été destinée a reprendre l’histoire totale du manga. Elle consiste juste a présenter les personnages et reprend trait pour trait le scénario imposé par le manga jusqu’au volume 8.
Merci a Vilya pour les diverses corrections.