Mardi 31 octobre, le grand cirque mené par David Stern a repris. Le Heat de Miami accueillait les Bulls de Chicago, avant que les Lakers et les Suns ne s'affrontent.
Après la traditionnelle cérémonie de remise des bagues de champion aux joueurs ayant été couronnés face aux Dallas Mavericks cet été, le coup d'envoi d'une longue saison pouvait être donné.
En effet, comme chaque année, les 30 franchises de la plus grande ligue de basket-ball du monde s'embarquent pour un périple de 82 matchs chacune, sans compter les playoffs pour les 16 meilleures d'entre elles. A quoi pouvons-nous nous attendre pour ce cru 2006-2007 ? Comme tous les ans, au meilleur. C'est la NBA, quand même. Ceci étant dit, il y a plusieurs facteurs qui peuvent réellement laisser penser à une très grande saison de basket.
"ça va chier"
Evidemment, comment ne pas parler de la nouvelle génération, ce renouvellement attendu depuis la première retraite de Sa Majesté Michael Jordan, ces jeunes loups affamés issus pour la plupart de la draft 2003. Il est vrai que les stars de la première génération post-Jordan, comme peuvent l'être Shaquille O'Neal, Tim Duncan, Kobe Bryant ou encore Allen Iverson, sont en passe de transmettre les rênes de la ligue aux « petits » nouveaux. LeBron James, Carmelo Anthony, Dwight Howard, Chris Paul, Yao Ming, Amaré Stoudemire. Une transition on ne peut mieux symbolisée par les dernières finales NBA, qui avaient vu un jeunot, Dwyane Wade, prendre de fait le leadership de son équipe et l'amener à la victoire. Ce que Shaquille O'Neal, ex-joueur le plus dominant de la ligue devenu coéquipier modèle, n'était plus en mesure de faire. Certes.
Mais il n'y a pas que ça. Après une outrageuse domination de l'Est (Detroit en 89 et 90, Chicago entre 91 et 93 puis de 96 à 98) avec l'ère Jordan, l'Ouest avait confisqué le titre suprême, avec les San Antonio Spurs (99) tentant de barrer la route au duo Shaq/Kobe (2000, 2001 et 2002). Depuis ce dernier titre des Lakers, la donne est différente. Il y a toujours plus de très bonnes équipes à l'Ouest qu'à l'Est, mais les deux conférences ont partagé les honneurs depuis quatre ans : San Antonio (Ouest) débutait le déclin des Lakers de Phil Jackson en 2003, alors que Detroit (Est) les enterrait définitivement en 2004. San Antonio ramenait le titre à l'Ouest en 2005 avant qu'il ne s'échappe à nouveau dans les mains du Heat de Miami. Depuis quatre ans, c'est l'alternance la plus parfaite.
Ce qui donne une NBA incroyablement ouverte, et la quasi-impossibilité de dire de quel côté le titre partira. Côté Ouest, les favoris déclarés sont au nombre de trois : les Spurs de San Antonio, avec l'éternel Tim Duncan, Tony Parker et Manu Ginobili, les Mavericks de Dallas avec Dirk Nowitzki et Josh Howard, et pour finir, les Phoenix Suns du MVP Steve Nash, Boris Diaw, Shawn Marion et le monstre convalescent, Amaré Stoudemire.
Côté Est, ils sont deux à être clairement identifiés comme favoris : les Miami Heat, champions en titre, emmenés par un Shaq vieillissant, mais dont le leader est la nouvelle superstar Dwyane Wade, ainsi que les Pistons de Detroit, toujours arc-boutés sur leur fantastique collectif. A ces deux-là, il faut ajouter deux autres acteurs dont personne ne peut réellement dire les limites. D'une part, les Chicago Bulls, une équipe dont la base est formée sur un groupe de très jeunes joueurs (Hinrich, Gordon, Deng, Nocioni) à laquelle a été ajouté un secteur intérieur flambant neuf : Tyrus Thomas, un rookie à surveiller, PJ Brown, un vétéran toujours prêt à rendre service, et surtout, Big Ben Wallace, l'âme de Detroit, qui a préféré partir pour quelques millions de dollars de plus. D'autre part, les Cleveland Cavaliers, pour une seule raison ou presque : LeBron James. Le joyau de 22 ans continue de grandir, et aidé par un casting stable, il pourrait tenir toutes les promesses que son talent offre.
Ce qui, à l'orée de cette nouvelle saison, nous donne pas moins de 7 équipes qui devraient/pourraient se disputer le haut du pavé.
Pour finir, on pourrait s'amuser à, comme chaque fois, énumérer le nombre de stars étincelantes qui offriront de magnifiques highlights à Canal Plus. Parler des transferts les plus décisifs (même si cette année a pour l'instant été sage), des rookies (mais la plupart d'entre eux est difficile à évaluer avant de les voir à l'oeuvre), ou des New York Knicks.
Mais non, il n'y a pas de raison de se refuser un petit plaisir tout à fait chauvin, et ce début de saison est l'occasion de souligner l'incroyable présence de tout un contingent de français en NBA : avec les stars que sont Tony Parker (San Antonio Spurs) et Boris Diaw (Phoenix Suns), on dénombre trois « habitués », Mickaël Pietrus (Golden State Warriors), Johan Petro (Seattle Supersonics) et Ronny Turiaf (Los Angeles Lakers). Ces trois-là, moins de deux saisons NBA de moyenne, font figure de vétérans à côté des deux petits nouveaux, Mickaël Gélabale (Seattle Supersonics, avec Johan Petro) et Yakhouba Diawara, la surprise des Denver Nuggets.
Les France avec 7 représentants, devenant du coup la deuxième nation hors USA la plus représentée dans la grande ligue.(1) En attendant bien sûr l'arrivée de Joakim Noah, prévue pour l'an prochain. D'ici là, on aura pas le temps de s'ennuyer en NBA.
La preuve, lors de ce coup d'envoi, le champion sortant s'est fait corriger par son possible rival à l'Est : Miami 66 : Chicago 106.
(1) : à noter que la Suisse a ouvert son compteur avec l'arrivée de Thabo Sefolosha, le jeune joueur né à Vevey, aux Chicago Bulls.