Dans ces deux tomes, l'auteur nous transporte au coeur d'une cité antique ou le pouvoir repose entre les mains d'un empereur tout puissant et.. des courses de char. L'histoire se situe comme toujours dans l'univers parallèle au notre mais tout aussi riche de Guy Gavriel Kay, on y découvre une nouvelle saga fantastique. Un vrai régal.

On retrouve dans la mosaïque de Sarance, l'univers des Lion d'Al Rassan. La cité de Sarance rappelle étrangement notre Byzance antique. En prologue, un empereur monothéiste qui lutte contre les influences occultes est renversé. Il est alors remplacé par un jeune général qui deviendra l'empereur Valerius Ier. Dans son ombre son neveu, et les luttes intestines qui l'accompagnent. Les complots pour la succession font rage, les assassinats sont légions et pourtant Sarance vit au rythme des jeux et de l'art.
Quatre factions : Bleus, Verts, Rouges et Blancs animent la vie de la cité. L'hiver ce sont les actrices et chanteuses qui ont le devant de la scène. Et l'été, les courses de chars et leurs auriges font vibrer chaque habitant de Sarance au rythme des pas des sabots dans l'arène. Toute la description des courses, de l'arène, le monde des auriges m'a tout simplement fascinée, et pourtant je n'ai pas grande affection pour les sports équestres en temps normal.
Ce qui fait la force des romans de Guy Gavriel Kay, c'est la profondeur des personnages qu'il décrit et la mosaïque n'y manque pas. On s'attache fort vite à ces destins fabuleux mais aussi à leurs failles et à leur humanité.
Les romans sont centrés autour de Caïus Crispus alias Crispin, mosaïste, artiste et homme de c½ur, il vit dans une lointaine province lorsqu'il est appelé par l'empereur Valerius II et sa femme Alixana, ancienne première danseuse des Bleus. Convoqué dans le but de décorer le plus grand dôme jamais érigé, Crispin est un homme au caractère bien trempé, et il entend prouver qu'il mérite de revêtir le dôme de Sa mosaïque. Plongé dans les intrigues de cour malgré lui, il tentera néanmoins de faire de ce dôme l'½uvre de sa vie, hommage à sa femme et à ses filles décédées quelques années auparavant.
Valerius et Alixana sont un couple impérial fascinant. Ils se comprennent d'un regard et partagent leurs lourds secrets et un amour sans faille. Ils sont en représentation permanente mais l'un comme l'autre, ils apprécient de se mêler aux complots de la cour de Sarance, sport risqué s'il en est.
Autour d'eux gravitent de nombreux personnages : les âmes égarées qu'aura rencontré Crispin lors de son voyage vers Sarance, les courtisans aux mille complots, les auriges âmes des courses, adulés jusqu'à la déraison, un jeune marmiton aux talents naissants. Tous les personnages sont travaillés et intéressants et c'est ce qui rend la lecture du roman si savoureuse.
Dans le premier tome de la mosaïque de Sarance, Crispin est convoqué par l'empereur et effectue son voyage vers la cité impériale. Il rencontrera sur son chemin : un garde du corps dévoué, une jeune fille abusée qui échappera de peu à la mort, un militaire jovial en mal de reconnaissance et un sanctuaire dédié à Jad l'Unique qui lui ouvrira les yeux sur la réelle portée de la mosaïque. Crispin arrive donc marqué par son voyage et tombe immédiatement au c½ur des plus sombres complots.
Dans le second tome, Crispin a enfin la charge de la couverture du dôme impérial, mais les évènements tragiques de ce tome bouleverseront les choses pour lui et pour toute la cité. Sans dévoiler tout ce roman, j'ai préféré le second tome au premier car on connaît déjà les personnages et on entre rapidement dans leur vie, la découverte des secrets et des passions de chacun se fait dans l'émotion. J'ai encore une fois adoré ces romans, vivement le prochain. Il s'appelle : Le dernier rayon du soleil et vient de paraître il y a quelques mois.