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Aliens de James Cameron

Avec Sigourney Weaver, Paul Reiser, Bill Paxton... ( 1986)
Après l’échec de la production du Dune de Jodorowski, Dan O’Bannon, scénariste, est interné en hôpital psychiatrique. La tension accumulée pendant cette pré-prod l’a presque tué. C’est dans cette ambiance que naît la créature Alien. Catharsis d’O’Bannon ? Sans aucun doute.

Pour rappeler les faits, à la fin d’Alien (Ridley Scott, 1979), Ripley (Sigourney Weaver) se cryogénise en attendant les secours. Le film de James Cameron fait directement suite à ça... 60 ans plus tard. L'espace a bien peu changé. Comme dans toute histoire de monstres, les autres personnages sont sceptiques quant à l’existence de celui-ci, et LV-426, la planète où les oeufs ont été trouvés, n'est devenue qu’un rocher sans importance.
Plus tard, la voilà repartie sur LV-426 sous la protection d'un groupe de Marines, afin de découvrir pourquoi la nouvelle colonie installée depuis peu ne donne plus de signe de vie.

Une des force de la franchise d’Alien est d’avoir transformé chaque créature en une thématique particulière. Le monstre est le même mais il représente une part différente de nous-même. Le 1er opus faisait la part belle à l’aliénation. Le Nostromo, parabole de l’esprit, où quelque chose dévore peu à peu ce qui fait de nous un humain. Quand au 3ème, l’Alien était mystique, presque religieux.
Alors qu’en est-il pour Aliens ?
James Cameron a ingurgité l’univers et en a fait ressortir un sujet qu’on retrouve dans tout son cinéma : la femme victime qui devient une femme forte par la fureur des évènements.
Que ce soit Sarah Connor (Terminator 1 & 2), femme enceinte en fuite qui devient une lionne, ou Rose DeWitt Bukater (Titanic), jeune fille de bonne famille qui devient une amoureuse transie et sauvage, il a toujours porté un intérêt au surpassement de soi-même.

Cameron rajoute autre chose dans ce volet : la force brute représentée par les Marines. La volonté de faire croire aux spectateurs et aux personnages qu’ils sont à égalité avec la créature.
Bien que le film soit beaucoup plus porté vers l'action que le précédent, il ne fait pas fi de la tension. Par exemple lorsque l’unité arrive dans un lieu désert enveloppé d’une atmosphère lourde : on ne sait rien mais on attend à chaque tournant, à chaque porte ouverte, à chaque pièce explorée, qu’une créature apparaisse.

Dans toute cette testostérone où fusent punchlines et personnages hauts en couleurs (un truc typiquement années 80), Cameron rajoute quelqu’un qui va complètement marqué son travail pour Terminator 2 : Newt, une enfant ayant réussi à survivre aux Aliens.
Avec ce nouveau facteur, Ellen Ripley commence à ressembler à ce que la Sarah Connor de T2 sera. Il faut savoir que la version longue, à laquelle je reviendrai plus tard, nous montre une Ripley maman. Mais quand elle revient enfin à la vie, 60 ans plus tard, sa fille est décédée :
Newt devient donc un substitut (sans terme péjoratif). On découvre un nouveau visage à Ripley, ses traits deviennent moins tirés, la tension s’échappe un peu. Un peu de douceur dans le chaos.

Puis arrive une scène clé. Celle qui fait basculer le chasseur, le soldat, en proie.
D’abord, esthétiquement, c’est très dérangeant, glauque. Le bâtiment métallique qui se mélange avec l’organique. Des Aliens bien présents mais invisibles, complètement camouflés. Le peu de confiance qu’avait le spectateur dans les Marines s’envole. Le massacre est presque total.

Avançons. Newt s’étant faite enlevée par les aliens pour devenir une porteuse, Ripley décide d’aller la secourir. Cette fois on va plus loin, on entre dans l’antre de la bête. L’organique a recouvert toute la technologie. On pense tout de suite à une ruche. Ripley est bien présente, son aura a changé, ce n’est plus une victime. Armée jusqu’au dents, le regard dur, elle récupère Newt et fait exploser les oeufs. C’est là qu’on découvre en même temps qu’elle le cauchemar à l’état pur : la reine alien.
Après une âpre bataille, les survivants arrivent enfin à rejoindre le vaisseau en orbite autour de LV-426. Mais la reine est toujours vivante, et elle veut Newt.
C'est à ce moment là qu'on arrive à voir en transparence Sarah Connor sur le visage de Ripley. Maintenant, c’est elle qui dicte les règles, elle devient la lionne. L'Alien n'est plus un cauchemar, ce n'est qu'un gros insecte qu'il faut écraser sous son talon.
Comme je le disais plus haut, le cinéma de James Cameron repose sur cet état. La femme passant d’un statut à l’autre. Weaver, au même titre qu’Hamilton le transcende.
Le film se finit avec l'image d’une famille recomposé : la mère, le père (représenté par un Marine survivant), et l’enfant. Ripley pourra enfin dormir tranquillement. Le croque-mitaine est mort.

Au final, qu’est-ce qu’Aliens ?
Un film efficace qui jongle entres plusieurs genres, mais qui n’oublie pas de parler de certaines choses importantes, et une réinvention de la franchise qui ne renie pas ses origines.
À part si l'on regarde les effets spéciaux (et encore, ils vieillissent très bien), le film est intemporel dans sa représentation du futur, contrairement par exemple à un retour vers le futur 2 très esthétique 80, et se dote d’un scénario universel. On pourra toujours lui reprocher d’en avoir trop montré par rapport au 1er, mais je pense qu’il était nécessaire de faire de l'Alien une menace réelle et nombreuse pour permettre un développement de la créature sur son mode de vie et son but.

Pour finir, je trouve que c’est un film dont la version cinéma dépasse celle dite director’s cut. En dehors d'une scène permettant de faire un parallèle plus évident sur la maternité de Ripley, les autres sont très anecdotiques, voire gâchent l’ambiance. Si vous avez le choix, n’hésitez pas à prendre la 1ère version.

Rédigé par kariboubou

Publié le 28 septembre 2006 à 19h32

Dernière mise à jour le 29 septembre 2006 à 22h57