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Walk The Line de James Mangold

Avec Joaquin Phoenix, Reese Witherspoon, Robert Patrick... (2005)
La biographie cinématographique du légendaire Johnny Cash, monument de la country et du rock'n'roll, en proie à ses démons intérieurs, bientôt apaisés par sa rencontre avec la chanteuse June Carter.

Joaquin PhoenixOn avouera qu'on avait eu les plus grandes craintes à propos de ce biopic. Que la figure tellement imposante du man in black semblait une indétrônable statue du Commandeur. Que l'histoire de l'une des plus grandes voix du Xxe siècle nous semblait inadaptable. On avouera donc qu'on avait complètement tort de juger ce film avant de le voir.

On le sait, il s'agit ici d'une biographie filmée de Johnny Cash, immense chanteur de country et monument national aux Etats-Unis. On se concentre dans le film sur ses débuts, au milieu des années 50, puis sur sa rencontre avec son âme soeur, la chanteuse June Carter. Hélas, cette belle histoire d'amour est d'abord ternie par l'autodestruction forcenée de Cash, à cause notamment de son goût pour l'alcool et les petites pilules qui rendent nerveux.

La principale question qu'on se posait, évidemment, quand on sait à quel point Cash était plus qu'un simple chanteur country, était de savoir si Joaquin Phoenix, l'excellent acteur désigné pour l'interpréter, allait s'en sortir. Et là, on reste bouche bée. On assiste à une performance incroyable, digne du De Niro de Raging Bull. Phoenix, conscient de son manque de ressemblance avec le chanteur, ne cherche jamais à l'imiter bêtement. Il s'approprie ses intonations, son port de tête, mais n'a besoin de personne pour jouer la détresse et la violence intérieure de son modèle. Joaquin Phoenix n'imite pas Johnny Cash, il le joue, comme il jouerait un rôle classique d'une tragédie antique. Son regard est à lui seul tour à tour perçant, brûlant, ou déchiré par un voile d'intense mélancolie. Un immense acteur est né. Et en face de lui, il faut l'avouer, se trouve une extraordinaire comédienne : Reese Witherspoon. L'interprète de La Revanche D'Une Blonde s'était jusqu'ici contentée de rôles mineurs, mais ici elle explose véritablement. D'une vitalité exemplaire, elle représente par sa joie de jouer un contrepoids parfait à la noirceur de Phoenix. Il faut signaler aussi, dans le rôle du père de Cash, la remarquable performance de Robert Patrick, le méchant de Terminator 2, qui trouve enfin un rôle à sa mesure.

Evidemment, ce film reste d'un classicisme forcené, mais tel n'est pas le propos. James Mangold, auteur entre autres d'un merveilleux Copland et d'un médiocre Identity, se contente de suivre l'histoire telle que racontée par Cash lui-même dans ses mémoires, d'ailleurs de façon très fidèle, sans occulter ni adoucir quoi que ce soit. A son actif, il faut reconnaître la pertinence de sa construction en deux parties, illustrant parfaitement l'évolution de l'Amérique dans les années 50 et 60. Dans la première moitié, la présence d'Elvis Presley est omniprésente, comme une figure quasi-divine. Dans la deuxième, c'est le fantôme de Bob Dylan qui hante le film, même si le personnage n'est pas explicitement montré. Les errances de Johnny Cash, passant d'un exemple à suivre à un autre, sont donc parfaitement visibles en suivant cette perspective historique et culturelle.

Joaquin Phoenix et Reese WitherspoonUne des grandes qualités du film, aussi, est de ne pas prétendre à une reconstitution parfaite et millimétrée. Les acteurs incarnant des légendes du rock'n'roll ne ressemblent pas exactement à leurs modèles, peu importe. Ils chantent eux-mêmes les chansons (quitte à les monter de plusieurs tonalités, comme pour Phoenix qui a évidemment des difficultés à reprendre la voix d'airain de Cash) et jouent de la guitare. Certes, il y a aussi quelques anachronismes, voire des incohérences (pour le fan un peu tatillon). Evidemment ce n'est pas une recréation parfaite mais c'est au final ce qui fait de ce film une vraie oeuvre cinématographique, et non pas un documentaire fiction de plus.

Car il s'agit d'un vrai film, la figure de Johnny Cash étant véritablement un équivalent au personnage de Dean Martin dans Rio Bravo, ou de Frank Sinatra dans L'Homme Au Bras D'Or. Là est toute la force de Walk The Line, réussissant à raconter une vraie histoire, à créer de vrais personnages, à décrire un vrai climat, sans jamais tomber dans une représentation figée et compassée.

Rédigé par Dandal

Publié le 31 août 2006 à 15h49

Dernière mise à jour le 29 septembre 2006 à 22h51